Que privilégier en bio en temps de crise ?

Paru le 10.02.12 - Dernière modification le 20.04.12 - Lu 735 fois - Pas de commentaires

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L'ONG Environmental Working Group (EWG) tient à jour un classement des 53 fruits et légumes les plus contaminés par les pesticides. © Natura Sciences

L'ONG Environmental Working Group (EWG) tient à jour un classement des 53 fruits et légumes les plus contaminés par les pesticides. © Natura Sciences

Partant du principe que tout le monde ne peut pas consommer bio à 100 %, l’ONG environnementale américaine Environmental Working Group (EWG) tient à jour un classement des 53 fruits et légumes les plus contaminés [1] . D’après leurs calculs, il est possible de diminuer sa consommation de pesticides de 75 % en évitant de manger les 12 fruits et légumes les plus contaminés. Ainsi, la consommation de ces derniers nous exposerait à une moyenne de dix pesticides différents par jour, alors que ce nombre s’abaisserait à deux pour l’ingestion des moins contaminés. Préférez, par exemple, les kiwis aux fraises et aux pommes lorsque vous achetez des produits conventionnels. Le maïs et les petits-pois sont à préférer au céleri et aux épinards.

Produits animaux

Les produits d’origine animale peuvent contenir des polluants organiques persistants, notamment les pesticides organochlorés, les PCB, les dioxines et hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Il s’agit de molécules toxiques, persistantes dans l’environnement et bioaccumulables. Très solubles dans les graisses, ces substances s’accumulent dans les tissus graisseux tout au long de la chaîne alimentaire. Cela signifie qu’un prédateur va concentrer les polluants bioaccumulés par ses proies. Ainsi, plus une chaîne alimentaire est longue, plus la concentration en polluants organiques persistants stockés dans les tissus des animaux des maillons supérieurs sera élevée. On parle alors de bioamplification. De par leurs propriétés, ces molécules ont tendance à diffuser dans tous les milieux naturels et se déplacer sur de très longues distances. Elles peuvent se déposer loin des lieux d’émission, jusqu’aux pôles. L’Homme peut alors incorporer des toxiques à des concentrations non négligeables par l’ingestion d’animaux (viande et poisson) ou de produits d’origine animale contaminés, notamment le lait, le beurre et les œufs. Ce phénomène est également valable pour les animaux d’élevage consommant des plantes, des céréales ou des foins contaminés, contribuant à un transfert de l’animal vers l’Homme. Soulignons que la cuisson au barbecue, les grillades et le fumage favorisent la formation des HAP.

En vrac…

Tableau des 15 fruits et légumes les plus contaminés à privilégier en bio et des moins contaminés qui peuvent être acheté en conventionnel. Source EWG © Natura Sciences

Tableau des 15 fruits et légumes les plus contaminés à privilégier en bio et des moins contaminés qui peuvent être acheté en conventionnel. Source EWG © Natura Sciences

Les produits aux céréales complètes sont également à acheter plutôt bio. Les céréales stockent dans leur enveloppe les pesticides qui ont été épandus dans les champs et les conservateurs qui ont été utilisés pour protéger la farine. Cette pellicule qui recouvre les grains n’est pas retirée lors de la fabrication de produits à base de céréales complètes, notamment le pain complet. Il convient aussi de privilégiez les huiles vierges bio, extraites par pression et sans solvants. Elles sont meilleures et plus riches en micronutriments que les huiles extraites par solvant.

La femme concentre les polluants qu’elle ingère dans le placenta et le  lait maternel. Faire attention à son alimentation et aux produits utilisés lors de la grossesse et en période d’allaitement est donc capital pour épargner son bébé d’une contamination pré ou post-natale.

Auteur : Matthieu Combe

Note et références

[1] Liste complète des 53 fruits et légumes tenue par le EWG
[2] POLDER, A. et al. Levels and patterns of Persistent Organic Pollutants (POPS) in selected food items from Northwest Russia (1998-2002) ans implications for dietary exposure. Science of the Total Environnement, 408 (2010) 5352-5361

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