Le bio remis en question ?
Paru le 21.08.09 - Dernière modification le 20.04.12 - Lu 332 fois - Pas de commentaires
Une étude britannique remet en question l’avantage nutritif du bio vis-à-vis des produits conventionnels. Les produits bio ne seraient donc pas plus sains que les autres… Est-ce là la vraie question ?
L’information vient de tomber : consommer bio n’est pas meilleur pour la santé qu’une autre alimentation! En effet, une étude bibliographique britannique vient d’être publiée dans l’American Journal of Clinical Nutrition. Sur 52,471 articles, 162 études ont été retenues dans un premier temps. Ensuite, seules 55 ont été jugées de qualité satisfaisante. La conclusion est simple : sur la base de ces 55 études, il n’y a pas de preuve qu’il y ait une différence nutritive entre les produits conventionnels et issus de l’agriculture biologique. Les faibles différences observées ne sont pas significatives. Le raccourci a donc été vite fait par certains médias : le bio coûte plus cher, n’est pas meilleur pour la santé, il ne faut pas tomber dans le panneau !
Le bio n’aurait donc aucun avantage pour la santé. Cela serait oublier le vrai avantage du bio : l’interdiction des pesticides et des engrais chimiques. Rappelons que les pesticides sont tous les produits employés contre les insectes (insecticides), les mauvaises herbes (herbicides) et les micro-champignons (fongicides). L’agriculture biologique utilise également des pesticides mais uniquement à base de plantes ou de procédés naturels (un insecte est le prédateur d’un autre…).
A propos des résidus de pesticides…
Cette information a été reprise par de nombreux journaux. Un article du Figaro lance : « Mais, pour ces derniers [les produits conventionnels], les teneurs en résidus se situent dans leur grande majorité au-dessous des limites maximales de résidus (LMR), donc à des concentrations a priori sans danger pour le consommateur. La différence entre bio et non-bio reste donc très relative, même sur ce critère ».
Les pesticides sont rarement utilisés seuls sur une culture. Or, leurs effets sur l’organisme sont peu connus, et aucune étude n’a réellement été menée pour connaître les effets que pouvaient avoir l’association de plusieurs pesticides sur la santé. Pour chaque pesticide, des limites maximales en résidus (LMR) sont définies afin de protéger la santé des consommateurs. Pour ceux qui seraient passés à côté, un rapport a été publié le 9 juillet dernier par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) sur les résidus de pesticides dans les aliments de 27 pays de l’Union Européenne plus la Norvège et l’Islande. Celui-ci stipule que 45 % des céréales, fruits et légumes analysés en 2007 contenaient des résidus de pesticides. 25 % des échantillons contenaient en outre plusieurs molécules. Au final, sur les 29 États, 96% des échantillons analysés étaient conformes aux LMR légales. En revanche, 4% ont dépassé ces LMR, contre 5% en 2006. Cependant, ce bilan positif est à relativiser en France. En effet, en 2007, ce sont 7,6 % des échantillons qui dépassaient les LMR contre 6 % l’année précédente. De même, si le pourcentage de fruits, légumes ou céréales contenant plusieurs résidus à la fois a légèrement diminué dans l’UE, en France, le nombre d’échantillons contenant plusieurs résidus a fortement augmenté de 25,8% en 2006 à 32,75 % en 2007. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) avait publié en janvier un rapport encore plus complet. Ainsi, en 2007, 52,1% des fruits et légumes analysés en France présentaient des résidus de pesticides (45% en 2006) et 52,5% des céréales. Le même rapport de la DGCCRF montrait que la proportion des dépassements de LMR dus à des usages interdits de pesticides était passée de 19,8% en 2006 à près 39% en 2007. Pouvons-nous alors graver dans la pierre que la différence entre bio et non-bio est très relative ? Il ne faut en mettre sa main à couper !
Les effets moins connus des pesticides
Outre la toxicité reconnue sur la santé animale et humaine, les pesticides ont d’autres effets délétères. Ils sont en partie responsables de la mort des sols agricoles, notamment en détruisant leur microflore et leur faune. En effet, les champignons ont un rôle capital dans le cycle de l’humus et leur destruction massive par les fongicides entraîne la mort des sols. Dans un sol mort biologiquement, l’agriculteur augmente les doses d’engrais chimiques, chaule son sol pour lutter contre les baisses de rendements. Mais celles-ci sont inexorables… En bon état, un sol contient jusqu’à un milliard de micro-organismes par gramme et une à quatre tonnes de vers de terre par hectare. La qualité des terres de l’agriculture conventionnelle devrait être suivie sur plusieurs années suivant les quantités de pesticides épandues et comparée à la qualité des sols de l’agriculture biologique. La différence serait-elle dans ce cas très relative ?
Auteur : Matthieu Combe
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Par jean marc le 16/05/2012 à 13:54 - Voir
Merci d'abandonner ces projets ruineux pour les francais destructeur pour la faune et attendre les eoliennes flotantes moins laides
Par yves le 16/05/2012 à 07:40 - Voir
Vous semblez regretter que la grande distribution se soit emparée du label Max Havelaar. J'ai souvenir d'une interview de directeur [...]
Par Michael le 15/05/2012 à 10:40 - Voir
Sans vouloir enfoncer le clou sur la crédibilité d’une étude ou une autre (je pense que les commentaires déjà faits [...]
Par Seriously ? le 14/05/2012 à 13:55 - Voir
Un posteur neutre remarquera que les études mentionnées tiennent compte des bénéfices du recyclage, et qu'elles sont cohérentes avec les [...]