À l’occasion du 9ème séminaire international de l’Agence bio au Salon International de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt a défendu sa position : pourquoi miser sur l’agroécologie plutôt que de miser exclusivement sur le développement de la bio ?

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Pour Stéphane Le Foll, il faut développer la bio, tout en développant l’agroécologie pour « verdir » l’ensemble des pratiques agricoles. © Mathieu Delmestre

Le Grenelle de l’environnement prévoyait un objectif de 20 % de surface agricole utile (SAU) en bio en 2020. Aujourd’hui, on en est à 4,5 %. Le plan Ambition Bio 2017 vise à porter cette surface à environ 8 % en 2017. Car pour le ministre, le plus important est de structurer les filières bio pour assurer la pérennité du système. Si l’on avait développé 20 % de bio en 2020, « qu’est-ce qui se serait passé  pour les produits bio ? » s’interroge-t-il, oubliant un instant les objectifs de développement de 20 % de bio dans la restauration collective en 2020, objectifs qui ne seront pas atteints en l’état actuel des trajectoires suivies.

Pour Stéphane Le Foll, la situation est très claire. « Dans la plupart des productions bio aujourd’hui, vous avez entre 20 et 40 % en volume de moins que dans le conventionnel, c’est ça la réalité », affirme-t-il. Ainsi, « Est-ce que en tant que ministre, je peux, comme ça, considérer du jour au lendemain que je fais perdre 20, 30, 40 % de la production ? » demande-t-il, la réponse étant dans la question. Selon lui, en parallèle du développement de la bio, il faut donc surtout maintenir les rendements de l’agriculture conventionnelle tout en verdissant ses pratiques. Car si l’on ne s’intéressait qu’au développement de 20 % de la SAU en bio, que ferait-on des pratiques agricoles sur les 80 % restant ?

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Bio ou agroécologie ? Priorité aux rendements !

« On ne peut pas accepter l’idée qu’on baisse la production […], c’est ça le débat », renchérit-il. Néanmoins, il reconnaît que « La bio a beaucoup évolué et en terme de production, en terme de qualité et en terme de rendement. Sur le lait, on arrive à 7000 litres par vache […], on est à 9000-9500 pour le conventionnel ; quand on a commencé sur le lait bio, c’était 4000 litres par vache ». Les recherches portant sur la bio et l’agroécologie doivent donc se nourrir mutuellement pour augmenter les rendements ; les innovations de l’une pouvant parfois s’adapter à l’autre.

 « Je fais progresser l’agriculture bio, je fais progresser l’agroécologie, parce que dans le concept d’agroécologie, je fais en sorte de maintenir les niveaux de production et les niveaux de rendement », affirme-t-il. L’agroécologie est importante car « on ne peut pas non plus faire comme si pour produire en agriculture, on pouvait s’affranchir des ressources, des mécanismes naturels et comme si l’homme tout seul, avec de la chimie, avec des apports extérieurs allait pouvoir compenser, corriger tous les mécanismes naturels », insiste-t-il.

Sur la question des pollutions diffuses, il remarque que pour la pollution diffuse de l’azote, on peut tout à fait avoir des solutions en agroécologie pour l’éviter les solutions n’existant pas qu’en agriculture biologique. En revanche, qu’en est-il de la pollution diffuse liée aux pesticides ? Le Ministre n’en parle pas.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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