France 2 diffuse ce soir un nouveau numéro d’Envoyé Spécial consacré au glyphosate. Élise Lucet et son équipe reviendront en détail sur les principales interrogations liées à l’utilisation de ce pesticide hautement controversé. De l’Aisne au Sri Lanka, l’équipe d’Envoyé Spécial montrera qu’il n’est pas évident de se passer de cet herbicide empoisonneur. France 2 donnera également la parole à Dewayne Johnson, ce jardinier américain atteint d’un cancer causé par le glyphosate.

glyphosate envoyé spécial

Envoyé spécial mène l’enquête sur le glyphosate/ PHOTO//DR

« Glyphosate, comment s’en sortir ? », c’est la grande question à laquelle tâchera de répondre Envoyé Spécial ce soir sur France 2. Encore une fois au centre de la controverse, le glyphosate laisse ses utilisateurs face à une impasse. Pendant qu’une frange de la communauté scientifique reconnaît son extrême dangerosité, certains agriculteurs peinent à s’en défaire. Rappelons qu’aujourd’hui les agriculteurs français peuvent utiliser du glyphosate pour désherber leurs exploitations. Dans le même temps, l’Agence nationale de la sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) estime que le glyphosate doit « être considéré comme une substance dont le potentiel cancérogène pour l’homme est supposé ».

Cancers et insuffisances rénales, la survie après le glyphosate

« Cancérogène supposé ». Mais l’expression « cancérogène supposé » est-elle la plus adaptée pour parler du glyphosate ? Rien n’est moins sûr. De l’autre côté de l’Atlantique, l’Américain Dewayne Johnson vit un calvaire au quotidien. Il est atteint d’un cancer du système lymphatique en stade terminal. Dans des images à peine soutenables, Dewayne Johnson dévoile les plaies qui lui lacèrent le corps. Face au journaliste Tristan Waleckx, l’ancien jardinier raconte comment il utilisait en toute quiétude le glyphosate, sans protection. En août dernier, la justice américaine a condamné Monsanto à verser 289 millions de dollars à Dewayne Johnson. Mais en appel, la somme à verser au jardinier malade a été réévaluée à 78,5 millions de dollars.

De l’autre côté de la planète, au milieu de l’océan Indien, des milliers de personnes souffrent également du glyphosate. Dans le nord du Sri Lanka, 25.000 personnes sont mortes après avoir utilisé du glyphosate dans les rizières. Suite au scandale sanitaires provoqué par l’herbicide, le président Mahinda Rajapaksa interdit totalement son utilisation dans le pays en 2015. La reporter Élise Menand s’est donc rendue sur place pour découvrir les alternatives au glyphosate trouvées par les agriculteurs sri-lankais. Une fois sur place, force a été pour elle de constater que la décision n’a pas fait que des heureux. Au sud du pays, un cultivateur de thé lui a confié qu’il était impossible de se passer de l’herbicide interdit. Sans détour, l’homme a avoué à la journaliste qu’il continuait d’utiliser du glyphosate acheté au marché noir en toute impunité.

Lire aussiGlyphosate : entre science, lobbies et principe de précaution

Interdire ou pas le glyphosate, des députés perdus à l’Assemblée

En France, la question de l’utilisation du glyphosate interroge aussi. Entre fervents défenseurs du glyphosate et farouches opposants, la France agricole se divise face au pesticide décrié. Vincent, agriculteur dans l’Aisne revendique fièrement le fait d’utiliser du glyphosate dans son exploitation agricole. Chaque année, il dépense plus de 25.000€ en produits phytosanitaires qu’il stocke dans son « armoire à pharmacie ». « La caféine est plus cancérigène que le Roundup » dit-il en buvant son café dans une tasse estampillée Roundup. Vincent, l’agriculteur un brin provocateur devient moins loquace lorsque l’on lui demande s’il ne craint pas que le glyphosate le rende un jour malade. Face à lui, Olivier, agriculteur bio, refuse l’usage du glyphosate depuis 1992. Glyphosate or not glyphosate ?, dans les campagnes, la question reste ouverte.

Sur les bancs de l’Assemblée nationale, la question ne l’est pas moins, ouverte. Sur des images qui seraient presque dignes d’un vaudeville, les députés semblent ne plus savoir à quel saint se vouer. Opiniâtre, Laura Aguirre de Carcer a tenté de savoir pourquoi les parlementaires avaient tant de mal à voter l’interdiction du glyphosate. Entre retournements de vestes et votes nocturnes, le glyphosate donne même du fil à retordre au président de la République. Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy sera présent en plateau pour répondre à d’Élise Lucet. Espérons qu’il puisse donner des éléments permettant de mieux comprendre cet imbroglio parlementaire.

Des urines de célébrités testées pour Envoyé spécial

Enfin, Élise Lucet dévoilera les résultats du Glypho Test réalisé sur les urines d’une trentaine de personnes. L’objectif : démontrer que tout le monde a du glyphosate dans ses urines. Parmi ces cobayes d’un jour, il y a plusieurs personnalités dont Jamel Debbouze, Laure Manadou ou encore Julie Gayet. L’actrice a par ailleurs découvert que c’est elle qui a les urines les plus polluées par le glyphosate. Jusqu’à quel point la compagne de François Hollande est-elle contaminée au glyphosate ? Réponse ce soir, dans Envoyé Spécial, sur France 2.

Auteur : Chaymaa DEB, journaliste du webzine Natura-sciences.com


La rédaction vous conseille aussi :