Le Conseil Général d’Ille et Vilaine et la SAFER ont profité de la cessation d’activité d’un agriculteur pour faire installer 4 projets en agriculture biologique sur 24 hectares. Rencontre sur l’exploitation d’Hervé Delestre, Guillaume Héry, Grégory Fachon et Thao Ngo située à Bruz, à proximité de Rennes au Clos Renaud.

maraicher bio

Guillaume Héry et Hervé Delestre nous font visiter l’exploitation de 24 hectares. © Matthieu Combe/Natura Sciences

Pour s’installer, ces quatre agriculteurs sont entrés dans une logique de complémentarité et le terrain a ainsi été divisé en 4 parcelles de 6 hectares en 2009. Hervé a monté sa ferme fruitière bio. Il y cultive une vingtaine de fruits sur près de 2 hectares : pommes, poires, kiwi, fruits rouges, melon, pastèque, rhubarbe… Il fait également un peu de maraîchage et cultive des engrais verts. De son côté, Grégory s’adonne plutôt aux légumes de plein champ en bio : poireaux, pommes de terres, courgettes, oignons, céleri rave… Guillaume est quant à lui installé en cultures sous abri bio : en été, il cultive des concombres, des tomates, des courgettes, des oignons, des aubergines… et l’hiver, il préfère les salades, des radis, des jeunes pousses (mesclun, épinard…), du fenouil, ou encore du chou rave. Sa serre n’est pas chauffée. « Grâce au vide d’air créé entre les deux bâches de la serre, je peux garder la chaleur, limiter la baisse ou la hausse des températures », explique-t-il. Il obtient généralement un écart de température entre l’intérieur et l’extérieur situé entre 4 et 5°C.

Les produits cultivés par ces trois agriculteurs sont complémentaires au fil des saisons, les circuits de distribution sont mis en commun et le matériel est mutualisé. L’irrigation d’Hervé et Grégory est, par exemple, montée en commun. « Nous avons vite mesuré l’intérêt de travailler ensemble tout en gardant notre spécificité et notre indépendance » indique Guillaume. « Nous essayons de trouver des moyens pour réduire les frais d’installation et ne pas gaspiller », précise Hervé. A eux trois, ils rassemblent l’étalage d’un primeur et organisent plusieurs paniers.

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Au premier plan : les gariguette d’Hervé, avec en arrière plan ses arbres fruitiers. Le paysage est fleuri et enherbé © Agence BIO/ADOCOM

Le quatrième membre du groupe est Thao, une agricultrice qui a monté une pépinière de plantes sauvages locales en bio. Elle travaille avec des collectivités, des jardineries, des marchés aux fleurs et le conservatoire du littoral avec ses 20 bassins de culture.

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De la vente locale en priorité

80 % de leur production est vendue à moins de 30 km, via les marchés locaux, les Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (Amap), les restaurants bio… Ils vendent également leurs produits par l’intermédiaire de magasins bio ou par Internet. Hervé, Guillaume et Grégory livrent ainsi 150 paniers dans des Amap situées à proximité. « On essaye de travailler au plus proche de chez nous, notamment avec une Amap à Rennes, à Cesson-Sévigné et à Bruz« , précise Guillaume. « On livre aussi des paniers pour les étudiants des deux centres universitaires de Rennes: on leur fait une remise, avec des paniers à 7,5 euros ayant une valeur de 10 euros », précise-t-il.

Ils alimentent également plusiers magasins en demi-gros dans la région. Lorsque les volumes sont plus importants, comme pour les concombres ou les tomates cerises, Guillaume passe par des grossistes. Par exemple, la centrale d’achat de Biocoop redistribue ses produits dans toute la Bretagne.

Du travail à la clé en agriculture bio

« Sur une ferme actuelle en agriculture conventionnelle, une personne en temps plein s’occupe de 70 hectares grâce à un bon tracteur », explique Hervé. »De notre côté, aujourd’hui sur 24 hectares, on a créé quasiment 10 emplois en équivalent temps-plein« , note Guillaume. « On peut donc créer des emplois à proximité des villes assez facilement et en plus on peut bien nourrir les gens », poursuit-il. « Si des agriculteurs sur 300 hectares laissaient quelques surfaces en périphérie de leurs terres pour installer des maraîchers, on pourrait créer beaucoup d’emplois » conclut-il.

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La serre de Guillaume permet de cultiver une large gamme de légumes tout au long de l’année. © Agence BIO/ADOCOM

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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