Partons à la découverte du label Fairtrade/Max Havelaar, le label le plus répandu offrant les garanties du commerce équitable. Il aide des producteurs dans 75 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud.  Pour les produits qui ne poussent pas sous nos latitudes, quelles sont les garanties de ce label ?

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Fairtrade/Max Havelaar est le label offrant les garanties du commerce équitable.

Le commerce équitable fait le choix de défendre les petits producteurs fortement menacés par l’agriculture intensive. Ces petits producteurs se regroupent en créant des coopératives dont tous les producteurs membres sont propriétaires. Ils s’émancipent ainsi des intermédiaires et mutualisent leurs efforts pour avoir un accès direct aux marchés internationaux.

Sur l’année 2015-2016, 1,65 millions de producteurs et travailleurs ont été aidés par Fairtrade/Max Havelaar. Ceux-ci étaient regroupées dans 1.226 organisations de producteurs. La plupart sont en Amérique latine et aux Caraïbes (647). On en trouve aussi en Afrique et au Moyen-Orient (392) et en Asie et en Océanie (187). Le chiffre d’affaires mondial est de 7,3 milliards d’euros en 2015.

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Les mécanismes du commerce équitable

Le commerce équitable garantit un prix minimum d’achat au producteur et couvre au minimum ses coûts de production et de sa vie familiale. Ce revenu  lui offre la possibilité d’investir et d’améliorer ses conditions de vie. Il permet notamment de faire face aux importantes variations des cours des matières premières et de le protéger vis-à-vis des aléas climatiques. Le commerce équitable instaure, comme pour les Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), un préfinancement des récoltes, qui permet d’éviter aux producteurs l’endettement. Ce préfinancement peut aller jusqu’à 60 % du montant du contrat, le minimum étant défini par le producteur en question. C’est important, car les producteurs n’ont souvent pas le capital nécessaire pour acheter les intrants ou pour vivre entre la commande et le règlement.

Ce commerce alternatif assure aussi une prime de développement aux coopératives ou aux organisations de travailleurs, qui décident par concertation interne de son utilisation. Ainsi, on n’impose pas un modèle externe inadapté aux réalités locales. La prime est l’un des instruments qui doit permettre aux producteurs d’être acteurs de leur propre développement. Grâce à cette prime, le commerce équitable renforce l’organisation des petits producteurs pour qu’ils atteignent, à terme, leur autonomie.

Cette prime sert à des investissements collectifs de type social ou économique. Ainsi, les producteurs peuvent investir pour améliorer la production et les ventes : machines, installation de séchage du café, etc. Ceci est d’autant plus important que, souvent, une partie des récoltes est perdue parce que les paysans manquent de moyens élémentaires pour stocker leurs productions, les transporter jusqu’à des lieux de vente éloignés, ou les transformer en denrées non périssables. Ils peuvent aussi investir pour améliorer la qualité de vie de la communauté. Cela passe par la construction d’écoles, de centres de santé, de maisons, de routes, de formation, etc.

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Réduire les intermédiaires…

Dans la mesure du possible, le commerce équitable vise à réduire le nombre d’intermédiaires dans la chaîne d’approvisionnement, du producteur jusqu’au consommateur. Favoriser la transformation dans les pays du Sud est également une démarche importante, mais n’est pas toujours réalisable. Il n’est en effet pas possible d’acquérir l’outil de production et le savoir-faire du jour au lendemain. Cela demande un travail de longue haleine qui a besoin d’être financé, par exemple grâce à la prime de développement. Les réalités sont donc diverses.

Prenons quelques exemples. Le chocolat est intégralement transformé en Europe, car il s’agit d’un produit très sensible aux changements de température. En revanche, le sucre est de plus en plus transformé directement par les organisations de producteurs de canne à sucre.  Si le café est toujours torréfié en Europe,  le café soluble est quant à lui produit au Sud. Enfin, les jus de fruits sont presque toujours préparés au Sud.

Bio et équitable ?

La majeure partie des pesticides chimiques utilisés dans les pays en développement sert à la culture du thé, du café, de la canne à sucre et de quelques fruits exotiques. Dans ces conditions, il est important d’assurer la double certification « équitable » et « bio ». Le label Fairtrade/Max Havelaar doit donc côtoyer le label « AB » sur l’emballage pour garantir la double certification, car qui dit « équitable » ne veut pas forcément dire « bio » ! À lui seul, le label Fairtrade/Max Havelaar garantit tout de même que les producteurs sont engagés à prendre soin de leurs ressources naturelles et qu’ils n’utilisent ni les pesticides les plus dangereux ni OGM. En 2016, 65% du coton, 51% des bananes, 34% du café, 23% du sucre et 20% du cacao labellisés Fairtrade/Max Havelaar sont aussi certifiés bio.

Il existe un autre label, le label « Bio équitable » de Biopartenaire qui certifie pour sa part uniquement des produits issus du commerce équitable et certifiés AB. Bio équitable impose un engagement des importateurs sur des volumes et ce, sur une durée d’au moins 3 ans. Ces produits sont uniquement commercialisés en magasins spécialisés.

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Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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  • Cassandre Blais

    Tous les matins, je buvais mon excellent café cultivé par un colombien sous-payé, j’engloutissais
    ma banane récoltée en Équateur à 45°C, j’enfilais mon manteau tissé par les doigts fins de fillettes asiatiques et j’allais étudier pour obtenir un emploi qui correspond à mes besoins et qui me plaît. Le commerce équitable constitue un besoin grandissant dans notre monde capitaliste. Je suis aberrée de regarder mon jeune cousin jouer avec un camion fabriqué par un garçon du même âge.

    Néanmoins, le commerce équitable ce n’est pas que d’interdire le travail d’enfants, c’est de donner un avenir aux travailleurs et à un village tout entier. Après une rencontre avec un superviseur d’échanges équitables, j’ai compris l’importance des quelques heures données bénévolement au cégep pour vendre leur produit. Un salaire décent permet à toute une communauté d’en bénéficier. Des parents travaillent et réussissent à payer les études de médecine de leur fils et une autre famille arrive à financer les études de leur fille, une future enseignante: un village avec une éducatrice et un médecin est sur une meilleure voie de se développer à long terme que ceux bénéficiant que d’une aide humanitaire.

    C’est pour cela que tous les matins, je bois mon café produit par une communauté péruvienne et certifié équitable, je mange ma banane biologique, et je continue d’étudier pour consommer plus de produits équitables et biologiques, il faut avouer qu’ils sont un peu plus dispendieux pour une étudiante.