En vente depuis octobre 2012, le lapin « Nouvelle Agriculture » lancé par la coopérative Terrena gagne des parts de marché. Reposant sur les pratiques de l’agriculture écologiquement intensive, la marque Nouvelle Agriculture est l’aboutissement de 4 à 5 ans de travail. Très fiers de leur produit, entre l’agriculture conventionnelle et le bio, à côté de l’HVE, deux éleveurs nous parlent de leur produit.

nouvelle agriculture

Le lapin est le premier produit d’élevage « Nouvelle agriculture », issue des pratiques de l’agriculture écologiquement intensive.

Le but de la Nouvelle Agriculture est de « promouvoir le produit brut, non transformé », affirme Gérard Guilbaud, éleveur de bovins et de volailles dans les Pays de la Loire et administrateur de la Coopérative Terrena.  « Dès que l’on commence à transformer, on ne plus qui fait quoi », ajoute-t-il. Les produits bruts sont plus facilement traçables et permettent de reprendre goût à cuisiner.

Ce nouveau produit remet un peu de proximité en grande surface. La proximité n’est pas qu’une question de kilomètres, c’est aussi le fait de connaître le producteur, connaître l’outil de transformation en toute transparence. « La proximité, c’est de pouvoir rassurer les consommateurs », analyse Gérard Guilbaud.

 « À un moment, on sait qu’il faut avoir des indicateurs pour apporter la preuve de ce que l’on fait sur nos exploitations », reconnaît-il. Pour cela, le Bureau Veritas certifie l’engagement et contrôle la cohérence entre le discours et les actes sur les exploitations qui fournissent les lapins Nouvelle Agriculture.

Lire aussiQu’est-ce que l’agriculture écologiquement intensive ?

Un engagement des agriculteurs

Une photo d’un éleveur est apposée sur le produit, en tant que véritable signature. « La photo est un engagement très fort pour nous, agriculteurs », assure Marc Réveillère, président du groupement des éleveurs de lapins. « L’idée est que nous, agriculteurs, on reprenne le pouvoir sur notre produit », précise Gérard Guilbaud, avant d’insister« Ce que l’on veut, c’est remettre l’agriculteur au cœur du dispositif ».

La coopérative Terrena est formée d’agriculteurs, « sentinelles de la Terre » qui testent différentes pratiques et les partagent aux autres agriculteurs de la coopérative. Contrairement au bio, la solution alternative est mise au centre du dispositif, mais en cas de problèmes, les agricultures ne se refusent pas la solution chimique.

Qu’est-ce qu’un lapin nouvelle agriculture ?

Face à l’antibiorésistance, la première idée a été de supprimer tous les antibiotiques, sous quelque forme que ce soit. « Aucun antibiotique n’est utilisé ni dans l’eau, ni dans l’alimentation, ni par injection du sevrage à l’enlèvement. » affirme Marc Réveillère. Cela a pris 4 ans pour y parvenir, avec notamment un travail sur l’alimentation. Au final, celle-ci est essentiellement composée de céréales produites localement, du lin et de la luzerne, sans soja. La nourriture des animaux est garantie sans OGM (<0.9%). Un travail a également été mené pour améliorer le bien-être animal et la gestion de l’eau.

Il peut toutefois arriver que les animaux tombent malades. Dans ce cas et sur prescription d’un vétérinaire, les éleveurs peuvent avoir recourt aux antibiotiques. « Les lapins des lots concernés ne seront alors pas commercialisés sous la marque La Nouvelle Agriculture », assure Marc Réveillère.

Dans la coopérative, 20 des 95 éleveurs de lapins produisent déjà sous le cahier des charges nouvelles agriculture. Ces produits sont distribués pour l’instant dans 70 magasins du Système U. L’objectif est de trouver de nouveaux distributeurs pour poursuivre le développement. En 2013, la coopérative Terrena compte étendre la Nouvelle Agriculture au bovin, au porc et aux volailles. D’ici 2015, l’objectif est d’atteindre 1 000 agriculteurs sur les 10 000 de la coopérative. « On peut se déployer beaucoup plus vite suivant l’attente du consommateur et comment il va recevoir le produit », Gérard.

L’objectif est que le produit soit accessible au plus grand nombre. Le prix de la barquette de 650 g se situe autour de 7€, un surcoût de 10 à 15 % par rapport au lapin conventionnel, pour une plus value de 8 à 10% pour le producteur de lapin.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

La rédaction vous conseille aussi :