Le Parlement européen discutait hier du statut du pollen des fleurs. Le débat pourrait paraître étrange : le pollen des fleurs doit-il être considéré comme un « ingrédient » ou un « élément naturel constituant » ? Il sera finalement considéré comme simple élément naturel constituant et les obligations réglementaires resteront donc beaucoup plus souples…

ogm abeilles miel

La présence de pollen OGM dans le miel ne sera donc indiquée sur l’étiquette que si des traces d’OGM supérieures à 0,9% de la masse totale du miel y sont décelées

Les eurodéputés ont voté : le pollen continuera d’être considéré comme un « élément naturel constituant » du miel. La présence de pollen OGM dans le miel restera donc indiquée sur l’étiquette que si des traces d’OGM supérieures à 0,9% de la masse totale du miel y sont décelées. Si le pollen avait été considéré comme un ingrédient du miel, les apiculteurs auraient dû signaler la présence d’OGM à partir du seuil de 0,9% dans le pollen, qui lui-même représente au maximum 0,5% de la masse du miel. Les lobbies, notamment étrangers, sont  parvenus à convaincre la majorité des députés europées.

En effet, les européens importent 40% de leur consommation de miel. La moitié provient d’Amérique latine, où prospèrent les cultures OGM. Les producteurs d’Amérique Latine avaient écrit aux eurodéputés pour leur signaler les risques de problèmes d’approvisionnement s’ils votaient cette loi. Une bonne partie du miel importé aurait alors  risqué un étiquetage en tant que produit contenant des OGM !

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La présence d’OGM dans le miel cachée?

« Nous regrettons le vote d’une majorité d’eurodéputés en faveur de la proposition de la Commission, qui revient à cacher la présence d’OGM aux consommateurs », explique Eric Andrieu, eurodéputé socialiste. « Notre approche aurait permis de soutenir tous les producteurs qui s’efforcent de mettre sur le marché des miels de qualité, et sans OGM, répondant à la demande des consommateurs. Mais c’était sans compter le lobbying de certains professionnels qui utilisent du miel importé pouvant contenir des OGM ou être fraudé, ou qui « tripatouillent » pour commercialiser un produit appelé miel ne répondant pas toujours à ce que le consommateur est en droit d’attendre », ajoute-t-il.

« Le plan de relance de l’apiculture française, lancé il y a quelques mois par le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll et comprenant en particulier l’interdiction de certains pesticides en agriculture, est plus que jamais nécessaire, tout comme le moratoire sur les OGM décidé par le gouvernement français. Le combat n’est pas terminé : dans les étapes suivantes, nous continuerons de lutter contre le miel d’OGM », conclut Eric Andrieu. Pendant ce temps, la mortalité des abeilles continue de faire rage.

Ce dossier sera prochainement soumis aux gouvernements européens et le Parlement entamera des discussions pour un arbitrage final. Les gouvernements devraient suivre l’avis du Parlement… Pour s’assurer de l’absence de pollen OGM, la meilleure solution reste donc encore une fois le miel bio !

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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