En ouverture du séminaire international de l’Agence Bio au Salon International de l’Agriculture (SIA), Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt est revenu sur sa vision du bio et sa politique de développement de l’agro-écologie.

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Stéphane Le Foll présente sa vision du bio et de l’agroécologie au SIA 2013. © ADOCOM/Agence BIO

Au-delà de la simple question des surfaces cultivées en bio, le développement de l’agriculture biologique, doit passer par un travail sur le potentiel de transformation et de distribution. « Si l’on allait vers un système qui consiste uniquement à regarder la SAU, on pourrait avoir beaucoup de production et à un moment ou à un autre avoir des difficultés sur un marché où les prix pourraient eux aussi s’effondrer. » estime Stéphane Le Foll. « L’essentiel est que la production bio continue à évoluer, à se développer en ayant cette structuration pour garantir la pérennité et la spécificité de l’agriculture bio. » affirme-t-il. Il ne faut pas « la diluer » et « la banaliser », précise-t-il.

Rappelons que l’action N°6 de son Projet agro-écologique pour la France prévoit un Programme national Ambition Bio 2017 qui poursuit deux objectifs : « Soutenir le développement de l’agriculture biologique tant en matière de production agricole, que de structuration des filières et de consommation. » Et : « Diffuser les connaissances et les méthodes acquises pour le développement de l’agriculture biologique vers les autres modèles de production. »

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Ne plus opposer les modes de production

Il ne faut pas considérer qu’ « il y aurait une vraie agriculture et une fausse : tout est vrai, tout est utile, tout est complémentaire », analyse le ministre de l’Agriculture. De façon générale, il existe des objectifs environnementaux forts aujourd’hui en matière d’agriculture. Au-delà de la bio, l’agriculture doit pouvoir nourrir l’ensemble de la population, tout en prenant l’agro-écologie comme un « défi sérieux ».

Le ministre s’engage à développer les approvisionnements locaux des cantines. Pour le moment, lorsque les grandes collectivités s’engagent sur les cantines bio, elles n’ont pas toujours la production disponible. Pour faciliter les mises en relation entre collectivités et producteurs, l’exemple de la plateforme Agrilocal dans la Drôme sera pris en exemple. Celle-ci y connecte les offres locales à la demande locale.

Enfin, si l’obstination des rendements pouvait être remplacée par le souci entre agriculteurs de « Comment t’as fait pour produire autant avec si peu ? », Stéphane Le Foll estime que ces changements pourraient aller très vite.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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