Jacques Pior est un fervent défenseur de l’agriculture biologique. Il prône le transfert des solutions techniques de la bio vers l’agriculture conventionnelle. Celui-ci était au coeur de la 6e édition du salon Tech&Bio qui s’est déroulé à Bourg-Lès-Valence (26) les 20 et 21 septembre.

tech n bio agriculture biologique

Le robot désherbeur Oz de Naïo Technologies s’expose à Tech&Bio. PHOTO//Matthieu combe/Natura-sciences.com

Jacques Pior est responsable du dossier bio pour les Chambres d’agriculture et co-organisateur du salon Tech&Bio. Loin des idées reçues sur le fait que les agriculteurs bio et conventionnels se haïssent, le salon Tech&Bio cherche à les faire échanger. « Dans toutes les organisations, il y a des gens ouverts à la discussion », rappelle le défenseur du bio de la première heure. Pourquoi avoir lancé un tel salon? « Mon souci, c’est de gérer des consensus », et « aller contre les caricatures, qu’elles soient en conventionnel ou en bio », résume-t-il.

Son but : faire reconnaître le travail de tous les acteurs qui travaillent dans la bio. Et mettre un frein à la « bagarre artificielle » entre le conventionnel et le bio pour que les « bio » ne soient plus regardés par leurs voisins comme des originaux. À l’opposé, « si on insulte les agriculteurs conventionnels, qui va les inciter à se convertir? », interroge l’organisateur.

Des techniques bio à la pointe de l’innovation

La preuve par l’exemple permettrait de supplanter toutes les conversations qui ne convenaient pas. Cet objectif a pris la forme des Talents Tech&Bio depuis 2013. Ces derniers récompensent des parcours excellents sur le plan technique, économique et environnemental. Et ce pour montrer que la bio n’exploite pas des techniques du passé. Découvrez les 15 agriculteurs récompensés en vidéos ci-dessous:

Cette idée prend aussi désormais l’idée des Technovations, des nouveautés pour repenser les pratiques agricoles pour une meilleure performance. Cette année, c’est le système de paillage composé à 100% de chanvre naturel cultivé en Bourgogne de Geochanvre F. C’est l’effaroucheur sonore électrique d’AgriPoTech qui protège une surface de 4 hectares, avec une autonomie de 3 semaines. C’est le tracteur électrique ALPO doté de 8 heures d’autonomie, rechargeable en 2 heures pour le maraîchage, la viticulture et l’arboriculture.

Lire aussi : Reportage: des maraîchers bio en action!

Un salon complet pour les agriculteurs bio et conventionnels

Plus largement, le salon Tech&Bio propose toutes les solutions de la bio : matériel agricole, protection des cultures, semences, maraîchage, intrants, analyse/certification, opérateurs amont/aval… Tech&Bio, c’est aussi l’occasion pour les agriculteurs de financer leurs projets d’installation ou d’équipement en énergies renouvelables. La formule plait et le salon a fait des petits. Les Suisses, les Belges, les Canadiens et les Allemands ont ou sont sur le point de lancer leur propre édition du salon. Même la région Pacifique cherche à organiser son propre salon et a envoyé cette année une délégation.

Le salon est passé de 4.000 visiteurs en 2007 à 16.000 en 2016. En 2017, les organisateurs attendent 1.000 visiteurs de plus. Depuis sa 3e édition, le salon prend place dans les locaux du lycée agricole du Valentin. Le lieu n’a pas été choisi au hasard: les organisateurs voulaient former les plus jeunes à la bio. Et cela marche. La moitié des lycées agricoles ont désormais au moins une partie de leur ferme conduite en bio.

Lire aussi : La Drôme s’expose en bio

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


La rédaction vous conseille aussi :