la transgénèse

Les séquences « fossiles » peuvent concerner des fractions importantes des génomes.

Un gène code une seule et une seule protéine, laquelle détermine un unique caractère. Tout caractère résulte de l’effet d’une protéine, laquelle résulte de l’expression d’un gène. Voilà l’explication simpliste qui est véhiculée pour expliquer la génétique au lycée.

En réalité, cela est beaucoup plus complexe. Par exemple, l’ADN est surtout composé de parties apparemment non codantes. Ces séquences « fossiles », peuvent concerner des fractions importantes des génomes : de l’ordre de 40% pour le génome humain, 50% pour celui du maïs et jusqu’à 80% pour le pois . Le rôle éventuel de ces séquences, s’il en existe, n’est pas encore connu.

Par ailleurs, la fabrication d’une seule protéine et/ ou la manifestation d’un caractère peuvent impliquer de nombreuses parties codantes, et non pas une seule. En raison de la complexité des relations entre les gènes et leurs produits, il n’est pas possible de prévoir tous les effets du gène étranger, même si la fonction normale de ce gène est connue.

Certaines de ces perturbations sont aisément observables et peuvent prendre la forme de malformations ou de retards de croissance. Toute plante suspecte est alors éliminée. Mais d’autres phénomènes plus subtils, non directement observables et éventuellement plus susceptibles de créer un risque pour le consommateur, peuvent survenir.

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La transgénèse, des risques non maîtrisés 

L’introduction de gènes étrangers se traduit, par exemple, de temps en temps par l’inactivation d’un gène de l’hôte, qui peut pâtir de cette mutation. D’autre part, le produit du transgène, une protéine dans la très grande majorité des cas, peut parfois avoir des interférences avec une fonction de l’hôte et le perturber. Ces protéines sont le plus souvent dotées d’activité biologique et peuvent interagir de manière nouvelle et inconnue avec des éléments cellulaires de l’hôte, et ainsi créer des situations dangereuses pour les consammateurs.

Il existe, également, des conformations particulières d’une même protéine dont certaines peuvent provoquer de graves affections. Rappelez-vous, par exemple, la maladie de la vache folle.  il n’y a aucune différence de substance entre le prion habituel et le prion de la vache folle, mais une simple modification morphologique entre les deux formes de la protéine. Enfin, certaines molécules issues du transgène pourraient être responsables d’allergies.

Il existe sur ces points des travaux scientifiques, qui montrent des modifications d’organes vitaux (foie, rein, intestins…) chez des rongeurs ayant été nourris avec certains OGM.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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