Plusieurs personnes s’interrogent sur les aides qui existent pour acheter un véhicule électrique à moindre prix. Ces aides ont été mises en place pour booster un marché qui peine néanmoins à décoller. La Cour des Comptes s’inquiète de la soutenabilité de ce dispositif.

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La Renault Zoe reste la voiture électrique la plus vendue en France. PHOTO//Wikimedia

Fin 2016, le parc automobile français comprenait environ 93.000 véhicules électriques en circulation, en hausse de 23% par rapport à 2015. Selon les chiffres de l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere), les véhicules particuliers ont représenté 79,7% des ventes (+26%), nettement devant les véhicules utilitaires (+12,9%). Sur l’année, les véhicules électriques représentaient 1,08% des ventes d’automobiles particulières et 1,35% des véhicules utilitaires neufs.

En 2017, le marché continue son développement, mais plus calmement. Au total, 10.775 véhicules électriques particuliers ont été enregistrés entre janvier et mai, contre 9.960 l’année dernière (+8,3%). Ils représentent 1,19% des ventes des voitures neuves en France depuis le début de l’année. De leur côté, les ventes de véhicules utilitaires électriques ne progressent que de 1,3% pour 390 immatriculations.

Quels bonus écologique et prime à la conversion en 2017?

En 2017, le bonus écologique pour l’achat d’un véhicule électrique s’élève à 6.000 euros, dans la limite de 27 % du prix d’achat. En plus, si l’acheteur en profite pour mettre à la casse un véhicule diesel immatriculé avant janvier 2006, il bénéficie d’une prime à la conversion supplémentaire de 4.000 euros. Soit une aide totale de 10.000 euros.

Depuis janvier 2017, les professionnels peuvent eux aussi bénéficier de la prime à la conversion pour les véhicules utilitaires moins de 3,5 tonnes. Une mesure qui permet de bénéficier d’une aide jusqu’à 10.000€ pour l’achat d’un véhicule neuf électrique. Seule condition pour en profiter : mettre en échange à la casse un véhicule utilitaire diesel immatriculé avant janvier 2006. Avant que ce bonus disparaisse, c’est le moment de vendre un véhicule diesel ancien.

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Pérenniser le bonus écologique et la prime à la conversion!

Malgré ces aides, le marché peine à décoller. « Cette progression en-deçà des prévisions montre bien que le marché est encore dans une phase de consolidation en attendant le renouvellement de l’offre de véhicules et l’augmentation des autonomies », analyse Joseph Beretta, Président de l’Avere-France.

Dans son rapport publié fin mai, la Cour des comptes estime que le bonus et la prime à la conversion pour les véhicules électriques ont coûté 203,2 millions d’euros à l’Etat en 2016. 27.131 véhicules électriques ont été achetés grâce à ces aides. A lui seul, le bonus écologique a coûté 168,8 millions d’euros. La prime à la conversion a représenté 34,4 millions d’euros pour 9 298 véhicules.

Pour le moment, les bonus sont intégralement financés par les recettes du malus (265,6 millions d’euros pour 230 828 véhicules). La Cour des comptes s’inquiète néanmoins de la soutenabilité du dispositif à moyen terme. Pour 2017, l’aide pourrait représenter 347 millions d’euros pour l’état français. L’Avere s’inquiète donc d’une éventuelle remise en question de ces aides. « C’est justement parce que la croissance des ventes n’est pas aussi rapide que ce que les hypothèses optimistes des services de l’Etat prévoyaient qu’il faut continuer à encourager financièrement le passage à l’électrique », prévient son Président.

De plus en plus de bornes de recharge

Pour accompagner le développement des véhicules électriques, le réseau de bornes de recharges s’enrichit. Selon la start-up GIREVE, la France comptait 15.883 points de recharge accessibles au public fin 2016. C’est 57% de plus que fin 2015.Le réseau est particulièrement développé en Ile-de-France qui en détient 7.416, suivi de l’Auvergne-Rhône Alpes (1.462) et la Nouvelle-Aquitaine (1.351).

Si le réseau reste clairsemé, il a tendance à se densifier. Plus de 5.000 bornes devraient s’ajouter sur le territoire en 2017. Par ailleurs, l’ADEME devrait financer prochainement de nouveaux projets dans les zones les moins fournies.

Rappelons que l’ancienne ministre de l’écologie Ségolène Royal a fixé comme objectif l’installation d’un million de bornes de recharge pour les véhicules électriques en 2020. D’ici trois ans, les points de charge publics devraient s’élever à 100.000. La ministre de l’environnement vise ainsi l’installation de 900.000 points de charge chez les particuliers grâce au crédit d’impôt transition énergétique qui permet le financement de 30 % du coût de ces bornes.

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Auteur : Raphaël Petit, journaliste du webzine Natura-sciences.com


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