Découvrez « Centrales nucléaires : démantèlement impossible? » (France, 2013, 1h07) de Bernard Nicolas. Une enquête qui nous emmène de la France aux États-Unis en passant par l’Allemagne pour nous présenter le défi du démantèlement des centrales nucléaires vieillissantes ou définitivement mises à l’arrêt.

démantèlement centrale nucléaire

Dynamitage de la tour de refroidissement de la centrale nucléaire de Trojan en 2006 dans le cadre de son démantèlement. © Steve Dipaola / reuters

Si les opérateurs et les autorités de la sûreté nucléaire assurent pouvoir maîtriser ce processus de démantèlement, la réalité est toute autre. Problèmes techniques, risques importants, coûts exorbitants, les opérateurs doivent relever de nombreux défis. Il n’y a qu’une certitude pour le réalisateur Bernard Nicolas : il sera impossible de stocker en toute sécurité les déchets nucléaires à longue durée de vie.

En France, le démantèlement est immédiat en fin de vie des réacteurs. Le documentaire explique que celui-ci a lieu en 3 phases. Tout d’abord, on retire le combustible, on le garde pendant 2 ans en piscine de refroidissement et on vidange les circuits. Vient ensuite le démontage des locaux qui n’étaient pas en contact avec la radioactivité et des éléments proches du réacteur qui seront ensuite stockés. Enfin, le bloc réacteur, le plus radioactif, est détruit. Tout cela peut prendre entre 30 et 60 ans.

En France, EDF aurait provisionné 18 milliards d’euros pour démanteler les 58 réacteurs. On l’a vu à plusieurs reprises, les coûts du démantèlement sont largement sous-estimés en France.

Des démantèlements passés en Allemagne et aux Etats-Unis

En Allemagne, le démantèlement de la centrale de Lubmin est en cours depuis 18 ans. Les déchets sont entreposés sur place, pour le moment, faute de pouvoir les gérer autrement. Aux Etats-Unis, 14 centrales nucléaires sont déjà démantelées, mais la technique laisse parfois à désirer. Ainsi, à la centrale de Maine Yankee, les déchets radioactifs sont stockés à ciel ouvert dans de gros cylindres en béton. Personne ne sait où finiront ces déchets, alors on les stocke… en attendant ! Un stockage qui coûte la modique somme de 8 millions de dollars par an. Le directeur de la sûreté nucléaire du Maine table sur un stockage d’au moins 20 ans, « probablement 35 ou 40 ans, ou peut être même 100 ans… », prévoit-il.

En Allemagne, un retour d’expérience existe sur le stockage de longue durée à 500 mètres de profondeur dans ancienne mine de sel. Dès 2004, la montagne a commencé à « bouger », l’eau s’est infiltrée, le sel a craqué et certaines parois se sont effondrées. Depuis, les ouvriers injectent du béton pour colmater des brèches. En attendant la catastrophe, la radioactivité s’échappe et il n’est pas possible d’approcher les fûts de déchets. Pas très loin, un nouveau projet à 1 000 mètres dans une mine de fer voit le jour. Il s’agit d’un centre d’enfouissement irréversible pour les déchets de faible et moyenne activité à vie longue. Les premiers déchets sont attendus pour dans 2 ou 3 ans.

En France, le centre industriel de stockage géologique (Cigéo) devrait accueillir les déchets nucléaires hautement radioactifs à vie courte ou à vie longue et les déchets de moyenne activité à vie longue à partir de 2025… Le débat est relancé !

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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