Peu de gens en ont entendu parler. Et pourtant, depuis décembre dernier, un grand débat national sur la transition énergétique est lancé. Si le débat se veut être un débat citoyen, il touche, pour le moment, surtout les professionnels du secteur et les politiques, qui enchaînent les réflexions. Cela devrait rapidement changer avec la régionalisation du débat, au plus près des citoyens, et plusieurs temps forts.

transition énergétique

Quelle transition énergétique pour la France ? Les citoyens sont invités à donner leur avis sur cette question au cours du débat décentralisé et sur le site internet, à partir du 31 janvier.

« À quoi peut bien servir un débat national sur la transition énergétique ? », me demanderez-vous. Le simple fait que la question soit posée, montre son importance ! Son intérêt est justement de faire comprendre aux citoyens la nécessité de cette transition et de trouver les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir. En raison des engagements européens et internationaux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et avec la décision du gouvernement de ramener en 2025, la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75 à 50 %, il est urgent d’agir.

L’objectif des « 3 fois 20 » fixé par l’Union Européenne doit être atteint en 2020. Cela signifie qu’il faut réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport à leurs niveaux de 1990, porter la part des énergies renouvelables à 20 % de la consommation et réaliser 20 % d’économies d’énergie. De plus, d’ici 2050, la France a décidé de réduire d’un facteur 4 ses émissions de gaz à effet de serre.

Si la France veut respecter ses engagements climatiques, ce débat est condamné à aboutir sur une loi de programmation forte. « Aujourd’hui, sur l’objectif de 20 % d’économies d’énergie en 2020, nous avons fait 15 % du chemin ; nous en sommes à 3 point des 20 %. », rappelle Delphine Batho, Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. « Si on reste sur la trajectoire actuelle, il n’y a aucune chance que la France tienne les engagements qu’elle a pris au niveau européen », prévoit-elle.

Quels temps forts attendre de ce débat énergie pour les citoyens ?

Dès aujourd’hui, au plus proche des citoyens, la place donnée à l’énergie sera la plus grande possible. À travers des séminaires, débats et conférences au niveau régional, le grand public sera au centre de la participation. Les régions devront veiller à assurer la cohérence de l’ensemble des initiatives territoriales au niveau infrarégional. Le comité de liaison du débat décentralisé est en charge de l’organisation de ces débats sur les territoires. Il s’assure également que les synthèses des débats et les questions ou solutions soulevées remontent au niveau national.

Sorte de « Journées du patrimoine de l’énergie », les journées de l’énergie se dérouleront du 29 au 31 mars 2013. À cette occasion, les entreprises et les collectivités ouvriront les portes de leurs installations au grand public. La population aura alors la possibilité de comprendre et de voir les dessous de la production d’énergie et d’électricité.

Un autre moment fort sera la journée citoyenne du 25 mai. Dans toutes les régions, des panels d’une centaine de citoyens se réuniront pour débattre ensemble des enjeux de la transition énergétique. Ce sera notamment l’occasion de cartographier les attentes et les opinions des citoyens, en fonction des régions.

L’objectif principal de ces journées est d’obtenir une discussion large et d’attirer l’attention du public. De larges campagnes de communication devraient voir le jour au printemps pour faire connaître ces dates et toucher un maximum de personnes.

Un site internet du débat ouvrira le 31 janvier. Il présentera les informations de base sur le débat pour comprendre les données et les enjeux. Tout un chacun pourra directement contribuer en ligne au débat. L’ensemble des contributions et des initiatives de chacun seront ainsi comptabilisées et tracées.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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