Après un développement principalement terrestre, il semble que l’avenir de l’énergie éolienne se joue en mer. Si les coûts de construction sont plus élevés, l’éolien offshore permet d’obtenir une production plus régulière et plus importante. Prometteuse, cette exploitation convient particulièrement aux pays côtiers à forte densité de population.

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Le champs d’éoliennes offshore de Middelgrunden au Danemark. © Kim Hansen

Neuf pays européens [1] se sont mis d’accord pour un projet de construction d’un super réseau offshore qui devrait être établi en Mer du nord et en Mer d’Irlande. L’intérêt est de relier plusieurs parcs éoliens offshore situés au large des côtes allemandes et britanniques. Et d’y connecter des centrales éoliennes et solaires onshore, des centrales hydroélectriques et des centrales marémotrices.

Le but est ainsi de compenser les irrégularités de production. Mais aussi d’augmenter la fiabilité et la sécurité d’approvisionnement des différents pays, y compris aux heures de pointe. D’ici à la fin de l’année 2010, une déclaration d’intention devrait être signée en vue de la construction d’un réseau sous-marin à haute tension dans un délai de dix ans. De grands producteurs et fournisseurs d’énergie sont aussi associés aux négociations. Il s’agirait du premier réseau énergétique européen impliquant autant de pays. L’investissement en seule mer du Nord est estimé entre 20 et 30 milliards d’euros d’ici à 2030.

Eolien, la situation en France

La France accuse un très fort retard par rapport à d’autres pays. Pas une seule éolienne offshore n’était installée au début de l’année 2010. En application du Grenelle de l’environnement, la France s’est engagé à installer 6.000 MW d’éolien en mer d’ici à 2020, soit une puissance nominale équivalente à environ cinq réacteurs nucléaires.

Pour cela, exit le dispositif des Zones de Développement de l’Eolien (ZDE) en mer, au profit de la définition de zones propices à l’installation de parcs éoliens offshores. L’objectif est de définir des  »zones rouges à forts enjeux » où l’éolien serait à priori totalement exclu, des  »zones oranges à enjeux modérés » où l’éolien pourrait être toléré et des  »zones vertes à enjeux faibles » qui ne poseraient aucune contrainte majeure à l’implantation d’éoliennes offshore. Pour définir ces zones, les critères principaux restent la profondeur et la vitesse du vent. Mais d’autres critères comme la présence ou non de zones naturelles protégées, de ressources de pêche, de voies maritimes commerciales ou encore d’activité d’extraction marines ont permis d’affiner les cartes. L’intérêt est de ne pas provoquer un conflit avec les activités touristiques ou la pêche en mer.

Un appel d’offres a été lancé en septembre 2010 dans l’espoir de construire d’ores et déjà 600 éoliennes offshore pour une puissance de près de 3 000 mégawatts d’ici à 2015. Cela représente la moitié des objectifs retenus par le Grenelle pour 2020. Le coût financier est estimé entre 10 et 15 milliards d’euros. Les entreprises sélectionnées disposeront d’un délai de dix-huit mois à deux ans pour définitivement confirmer la mise en œuvre de leur projet.

L’éolien offshore dans le reste de l’Europe

En 2009, 577 MW ont été installés en offshore d’après l’Association Européenne de l’Energie Eolienne. En Europe, en juin 2010, 948 éoliennes offshores étaient réparties sur 43 parcs éoliens complètement opérationnels.  Ils totalisaient ainsi une capacité de 2 396 MW. Fin 2009, le Danemark tenait la tête de l’affiche avec un total de 305 éoliennes offshore. Il était suivi par le Royaume-Uni avec 287 unités.

Aujourd’hui de grands parcs offshore sont en construction au large de l’Angleterre dans la baie de la Tamise, ainsi qu’en Écosse pour une puissance d’environ 4 000 MW au total.

Le plus grand parc éolien du monde

En 2009, le plus grand parc éolien marin mondial a été inauguré au Danemark sous le nom de Horns Rev 2. Composé de 91 éoliennes d’une capacité de 2,3 MW chacune, il représente une capacité totale de 210 MW. Implantées sur une surface de 35 km2 à l’ouest du pays, elles peuvent couvrir les besoins annuels de 200 000 foyers. Le coût du projet a été de 469 millions d’euros. Il s’agit du neuvième parc offshore installé au Danemark, le pays disposant d’une capacité totale de 631 MW. Le Danemark prévoit de tripler ses capacités dans les quatre prochaines années. Entre autres, le pays a plannifié un parc offshore de 400 MW, qui devrait voir le jour en 2012.

Comment fonctionne une éolienne offshore ?

Le principe de fonctionnement est le même que pour une éolienne terrestre. Les conditions maritimes impliquent cependant la construction d’éoliennes plus résistantes. Ainsi, les mâts doivent résister à la force des vagues et au courant. De plus, la protection contre la corrosion doit être renforcée et le raccordement électrique nécessite des câbles  sous-marins.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

[1] L’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, l’Irlande, le Luxembourg et la Norvège.

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