Suite à l’annonce du report de la réduction de la part de du nucléaire de 75% à 50% de 2025 à 2030 ou 2035, Nicolas Hulot est fustigé de toutes parts. Au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC/BFMTV, il défend son choix.

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Nicolas Hulot défend sa décision le 8 novembre au matin face à Jean-Jacques Bourdin. PHOTO//RMC/BFTMV

Si la loi votée en 2015 devait être respectée d’ici 2025, il faudrait fermer entre 17 et 25 réacteurs. « Impossible », juge Nicolas Hulot. Impossible si la France veut respecter ses engagements climatiques. Mais aussi si elle veut fermer les centrales à charbon et ne pas rouvrir des centrales thermiques. « Certains ont dit Hulot il a reculé sur le nucléaire, mais pas du tout, on va avancer », juge le ministre de la transition écologique et solidaire. Il qualifie cet objectif de  « totem » dont « beaucoup savaient (qu’il) n’était pas atteignable […] sauf dans une brutalité excessive ».

Durant un an, le ministère va retravailler avec les syndicats, les élus, les ONG et les industriels pour définir une nouvelle échéance. « Au plus tard en 2035 » précise Nicolas Hulot. Et dans un an, il annoncera le calendrier de fermeture des réacteurs nucléaire. Toutefois, les centrales à charbon fermeront bien en 2022. Pour accompagner la réduction du nucléaire, il faudra aussi réduire notre consommation énergétique grâce à l’efficacité énergétique. Et développer les éoliennes, ajoute le ministre. « Cela demande encore une fois d’avoir une vision d’ensemble », estime-t-il. « On va faire la démonstration que l’on peut à la fois lutter contre le changement climatique et réduire la part du nucléaire, affirme Nicolas Hulot. On verra chemin faisant une fois que l’on aura atteint ce 50% dans la production électrique si l’on peut aller plus loin ». La fermeture des deux réacteurs de Fessenheim sera un « cas d’école  », estime-t-il.

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Critiques en cascade contre la décision de Nicolas Hulot

L’annonce de Nicolas Hulot fait couler beaucoup d’encre. Car cette loi a été votée suite à un large débat national de trois ans. Green Cross estime que cette reculade « est un coup de canif incompréhensible dans le consensus énergétique construit entre toutes les parties prenantes françaises ». Mais aussi « un très mauvais signe contre la transition écologique et énergétique du pays » et « un contresens historique ».

L’association Négawatt travaille sur des scénarios de sortie du nucléaire et des énergies fossiles depuis longtemps. Dans ses scénarios, elle montre que la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique à 50% d’ici 2025 sans hausse des gaz à effet de serre est possible. Plutôt que de renoncer suite au rapport de RTE, l’association « appelle au contraire à tirer tous les enseignements positifs de cet exercice prospectif inédit ». En étant plus ambitieux sur les renouvelables et la baisse de la consommation, le scénario négaWatt 2017-2050 montre que la fermeture systématique des réacteurs au plus tard à l’échéance des 40 ans est possible sans aucune augmentation de ces émissions.

Greenpeace rappelle qu’actuellement, 21 réacteurs nucléaires sont à l’arrêt sur les 58 que compte le parc nucléaire français. « C’est justement les défaillances du nucléaire, avec l’accumulation des dégradations sur les réacteurs et la mise à l’arrêt fréquente et subie de nombreuses unités, qui contraignent la France à consommer du charbon mais aussi à en importer, notamment en provenance d’Allemagne », rappelle l’organisation écologiste. La solution pour réellement enclencher la transition? Propulser le développement des énergies renouvelables.

Michèle Rivasi, députée européenne écologiste, co-fondatrice de la CRIIRAD est on ne peut plus claire : « qu’il s’en aille ! », demande-t-elle. « Je conseillerai à Nicolas Hulot de quitter ce gouvernement qui ne fait qu’utiliser son image tout en écornant sa crédibilité dans le domaine de l’écologie qu’il a tant aidé à rendre audible au grand public quand il était en périphérie du pouvoir », estime la députée. Pour toutes ces raisons, France Nature Environnement demande à Emmanuel Macron de respecter la loi « pour sortir d’une véritable impasse environnementale mais également économique ».

Interview complète de Nicolas Hulot chez Jean-Jacques Bourdin

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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  • Pierre Guiard

    Le gens qui critiquent N Hulot, aujourd’hui, sont ceux qui étaient, hier, aux manettes et qui n’ont absolument rien fait pour que les énergies renouvelable ou moins polluantes progressent plus vite.
    Le gouvernement Sarkozy, n’a rien fait, il a supprimé des aides au développement, supprimé la prime pour les véhicules au gaz qui sont deux fois moins polluant que les diesels , et moins polluants que les essence et surtout exempts de particules fines.
    Le gouvernement Hollande n’a pas fais mieux, a maintenu le projet d’aéroport de N Dame des Landes, et n’a pas préparé l’échéance prévue pour la fin du nucléaire.

    Les écologistes qui hurlent au Hulot sont des ânes, pour être polis, visiblement il font parti de ces abrutis qui pensent qu’il suffit d’appuyer sur un bouton pour modifier le mix énergétique français, mais c’est loin d’être le cas.
    Arrêter des centrales nucléaire, si l’alternative n’est pas prête c’est remettre en route des centrale thermique au pétrole, au charbon ou au gaz , donc augmenter la charge de gaz a effet de serre.

    Dans l’immédiat le plus grand danger c’est l’augmentation des gaz a effet de serre pas le nucléaire.

    Laissez donc travailler N Hulot, ce n’est pas en 6 mois que l’on change la route d’un paquebot lancer a pleine vitesse depuis cinquante ans.