Pour tout projet éolien, une étude d’impact est menée. Cette étude analyse les milieux naturels existants et l’incidence de l’aménagement sur la faune et la flore. Elle étudie également les nuisances sonores, l’impact sur le paysage et le patrimoine.

impacts environnementaux éolienne

Pour tout projet éolien, une étude d’impact est menée. Cette étude analyse les milieux naturels existants, l’incidence de l’aménagement sur la faune et la flore, les nuisances sonores et l’impact sur le paysage et le patrimoine.

Les éoliennes fournissent une électricité « propre », ne produisant ni polluant ni gaz à effet de serre. Cependant, il faut considérer l’intégralité du cycle de vie d’une éolienne pour avoir une idée de son impact environnemental. Ainsi, l’éolien onshore émet 11 kgCO2/MWh et l’éolien offshore 14 kgCO2/MWh, selon Areva. Ces valeurs sont à comparer aux 420 kgCO2/MWh émis par une centrale au gaz et aux 820 kgCO2/MWh.

Des éoliennes nuisibles pour les oiseaux?

Les éoliennes menacent directement deux grandes populations animales : les oiseaux et les chauves-souris. Pour éviter tous impacts environnementaux important sur ces populations, des études préliminaires à l’implantation des éoliennes sont menées. Les sites sensibles sont écartés. Quelques règles simples sont respectées : l’implantation se fait hors des couloirs migratoires et des zones de nidification d’oiseaux menacés.

De nombreuses études ont été menées autour des parcs éoliens pour analyser leur impact sur les oiseaux. La mortalité liée aux éoliennes est négligeable comparée à plusieurs autres causes : la circulation routière, les lignes électriques, la chasse, les pesticides, les marées noires, l’ingestion de plastique, la collision avec les immeubles ou bien encore la disparition de milieux favorables à leur développement. D’après la Dutch Foundation for Bird Protection, les chiffres de mortalité parlent d’eux-mêmes. Si 0,4 à 1,3 oiseaux sont tués en moyenne par éolienne et par an, les lignes électriques en tuent chaque année 80 à 120 par km de lignes installées et les routes 30 à 120 par km.

Profitant des retours d’expériences internationaux via le réseau Birdlife International, les impacts sont de mieux en mieux cernés par la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO). L’ONG a souhaité partager ses connaissances avec les acteurs de la filière en France en vue de la constitution de parcs éolien à haute qualité environnementale. Ainsi, le programme national « éolien-biodiversité » a été constitué en 2006 à l’initiative de l’Agence De l’Environnement et de la maîtrise de l’Energie (ADEME), du Syndicat des Energies Renouvelables et France Energie Eolienne (SER-FEE), du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer (MEEDDM) et de la LPO. Ce programme vise à donner les moyens aux acteurs de l’éolien afin de stopper la perte de biodiversité.

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Un bruit relativement faible

L’étude d’impact comprend un volet sonore. Il prend en compte les effets du bruit sur les habitations et les populations les plus sensibles telles que les écoles et les hôpitaux. Le bruit est de 55 dB au pied d’une éolienne et s’atténue avec l’éloignement. Il est de 35 à 45 dB à 350 mètres.

L’Agence française de sécurité sanitaire environnementale et du travail (AFSSET), désormais l’agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a rendu en mars 2008 un rapport sur le bruit produit par les éoliennes. Ses conclusions sont les suivantes :« Il apparaît que les émissions sonores des éoliennes ne génèrent pas de conséquences sanitaires directes sur l’appareil auditif. Aucune donnée sanitaire disponible ne permet d’observer des effets liés à l’exposition aux basses fréquences et aux infrasons générés par ces machines ». Le groupe de travail recommande de « ne pas imposer une distance d’espacement unique entre parcs éoliens et habitations riveraines ». Mais plutôt de les « évaluer au cas par cas, lors des études d’impact ».  Le volet Eolien du Grenelle II prévoit un éloignement minimal de 500 mètres entre les éoliennes et les habitations les plus proches, la distance retenue effective étant définie suite à l’étude d’impact.

Dans l’étude d’impact, le milieu culturel est également pris en compte. Ainsi, les éoliennes ne peuvent pas être implantées sur des sites classés, dans un périmètre de 500 m autour des monuments historiques. Pas plus que dans les zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager, dans les sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO ou encore les sites archéologiques. Les sites naturels inscrits peuvent quant à eux accueillir des éoliennes après avis de la commission départementale des sites.

Le cas des éoliennes offshore – un atelier de travail de chasseurs et pêcheurs

Les éoliennes offshore sont également susceptibles de porter atteinte à la biodiversité. L’étude d’impact doit donc étudier les routes des oiseaux marins, mais également l’impact potentiel sur la vie marine. Le 29 avril 2011, un atelier de travail s’est tenu en France, au Touquet (65). Il réunissait chasseurs, pêcheurs professionnels et de loisir et personnalités politiques. Leur but était d’élaborer des systèmes de suivi environnemental sur la migration des oiseaux, des poissons et des mammifères marins.

Ces professionnels partent du principe que les poissons de mer et d’eau douce utilisent les ultrasons pour une quantité de fonctions sociales et de survie. Des générateurs d’ultrasons, en l’occurrence les éoliennes, peuvent donc les dérouter. Cependant, les retours d’expérience compilés par l’ADEME montrent que les structures en béton des éoliennes constituent des habitats pour les moules, algues, crabes, diatomées et bernacles, mais également pour les poissons de toutes sortes. Aucune baisse de productivité autour des parcs éoliens offshore n’est connue à ce jour. Au contraire ! Elle a tendance à augmenter de manière significative, observédans les parcs éoliens offshore au Danemark, en Suède ou au Royaume-Uni.

Plusieurs études scientifiques ont montré que le bruit marin dû au trafic maritime ne cessait d’augmenter. En moyenne, son niveau a pris 10 dB entre 1950 et 1975. De 1950 à 2000, le bruit basse fréquence s’est accru de 16 dB. Il a donc doublé tous les 10 ans. En cause : le nombre de bateaux qui a triplé, passant de 30 000 à 87 000. Dans le même temps, le tonnage a été multiplié par 6,5, grimpant de 95 à 550 millions de tonnes. Mais, remet-on en cause la pêche et le trafic maritime ? On n’impose aucune étude d’impact pour mesurer le bruit et les rejets toxiques en vue de d’autoriser les routes maritimes. Encore une fois, ne  se trompe-t-on pas d’ennemi ?

Un démantèlement programmé

La durée de vie d’un parc éolien est estimée à 20 ans. L’exploitant est responsable de son démantèlement et de la remise en état du site à la fin de l’exploitation. Constituée d’acier et de matières plastiques, une éolienne est démontable en fin de vie et presque totalement recyclable. Une fois démontée, elle ne laisse pas de polluants sur le site.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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