La Fondation Nicolas Hulot, le WWF, Greenpeace, le Réseau Sortir du nucléaire et autres d’ONG accueillent mal les aspects du projet de loi sur la transition énergétique portant sur le nucléaire. Ces ONG croyaient-elles réellement que la France sortirait du nucléaire ?

nucléaire transition énergétique

Les grandes ONG environnementales sont souvent contre le nucléaire. Sur la photo, action de Greenpeace en juillet 2013 à la centrale du Tricastin. © Greenpeace

Lors de la présentation de son projet de loi à la presse, Ségolène Royal a remplacé son sourire habituel par un ton grave. Harcelée de questions sur les moyens mis en œuvre pour passer la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75 % à 50 % en 2025, elle ne peut que botter en touche. Poussée dans ses retranchements, elle finit par lâcher « Nous ne sortirons pas du nucléaire, ce n’est pas le choix que l’on fait. Je dirais même que c’est grâce à l’énergie nucléaire aujourd’hui, à la sécurité qu’elle apporte que nous pouvons accélérer et faire sereinement la transition énergétique ». Cette fois, c’est clair !

L’objectif du débat national sur la transition énergétique était d’aboutir à une feuille de route précise pour montrer comment respecter les engagements présidentiels en matière de transition, notamment concernant la réduction de la part du nucléaire. Un an et demi après le début de ce débat, force est de constater que l’on n’a que trop peu avancé sur la question du nucléaire : le texte rappelle l’objectif de départ, mais ne dévoile toujours pas les moyens mis en œuvre et la trajectoire à suivre pour y parvenir. Le projet de texte de loi remplace la feuille de route précise attendue par des programmations pluriannuelles. Les ONG ont voulu y croire ; leur désillusion est forte.

Dans les discussions qui ont eu lieu entre l’Etat et EDF, EDF semble avoir été écouté. L’Etat a-t-il réellement le droit de fermer un réacteur nucléaire ? Cela n’apparaît pas si simple. Les intérêts économiques et stratégiques en jeu semblent parfois plus importants que la transition énergétique. Peut-on craindre que la réduction de la part du nucléaire soit encore un bel exemple d’objectif maintes fois répété et non atteint ? C’est pour l’instant malheureusement la trajectoire qui semble être prise.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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  • Gonzague

    A tout le moins, le plafonnement de la capacité installée nucléaire à 63.2 GWe implique de fermer 2 réacteurs de 900MW (Par exemple, mais pas nécessairement, Fessenheim), avant de racorder Flamanville 3 (1650MW) au réseau.