Plusieurs paramètres tels que la taille du document, sa durée de lecture, le nombre de destinataires, etc. peuvent vous guider dans le choix d’un support plutôt qu’un autre pour réduire les impacts environnementaux associés. Décryptage.

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Dans quels cas privilégier le papier au numérique et inversement?

Dans l’article Dématérialisation: octets et papier, quels sont les impacts? nous vous expliquions que le match entre papier et octets n’a pas de sens. Ces deux supports ont en effet des impacts environnementaux différents et induisent des usages différenciés et complémentaires. Reste donc à comprendre dans quelle situation privilégier un support plutôt que l’autre. C’est ce que nous vous proposons ici, en nous basant sur des retours d’expérience concrets.

Remplacer le document par un logiciel

La première bonne pratique consiste à remplacer un document papier, non pas par un document numérique, mais par une application. Par exemple, votre facture téléphonique papier est remplacée par la date et le montant de la facture dans l’interface de gestion de votre compte chez l’opérateur. Le document n’est créé que si vous le demandez. Dans un autre registre, un formulaire papier sera transformé en un écran de saisie des informations, pas en un formulaire PDF. Cette démarche minimise considérablement les impacts environnementaux, notamment liés au stockage et au transfert des données, tout en apportant de nombreux avantages d’usage. L’effet de levier est compris entre 20 et 200 fois moins d’octets à manipuler et stocker. Et il est toujours possible de recréer un document à partir des données structurées.

Ne pas créer de copie numérique

La seconde bonne pratique consiste à profiter de l’étape de dématérialisation pour tirer partie du nouveau support en terme d’usage (et ne pas se contenter de créer bêtement une copie numérique du document). Par exemple, on dématérialisera totalement un billet de train via le code barre présent sur la carte de fidélité de l’usager. Le code barre est en effet suffisant pour retrouver, dans une application en ligne, toutes les informations présentes sur le document papier.

Le papier pour des temps longs

La troisième bonne pratique consiste à adapter le support en fonction de la durée d’utilisation et / ou de stockage du document (voir l’étude de l’Ademe à ce sujet). On peut résumer cette bonne pratique par l’adage « plus la durée de vie de l’information est courte et plus le support numérique est adapté » (et inversement). En effet, le coût environnemental du papier est lié à sa fabrication. Ce support est donc adapté pour stocker des informations sur une durée longue. Par ailleurs, une feuille de papier imprimée peut être lue aussi longtemps qu’on le souhaite sans générer d’impacts environnementaux. Contrairement à une lecture sur un écran.

A l’inverse, le coût environnemental des documents numériques est lié à leur taille, à la durée de manipulation (lecture notamment), et à la durée de stockage. La dématérialisation doit donc surtout viser des informations éphémères. Par exemple, remplacer l’envoi d’un code secret ou d’activation au format papier, par courrier donc, par un simple SMS est très intéressant pour l’environnement, plus sécurisé, et l’utilisateur n’est pas bloqué dans l’attente de la réception du code…

Au final, le papier permet de stocker des informations non structurées sur une longue durée. Ce support est adapté si le support doit être partagé dans le temps. A l’inverse, le format numérique est plutôt destiné à des informations structurées et / ou à la durée de vie courte. L’aberration, d’un point de vue environnemental, consiste à créer une copie numérique du document papier. C’est pourtant l’usage le plus fréquent !

Auteur : Frédéric Bordage, GreenIT.fr


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