Le secteur domestique de l’électricité à base d’énergie solaire a récemment subi un revers, marquant la fin de plusieurs années de croissance. Fin 2010, un moratoire a paralysé le photovoltaïque français en mettant fin aux tarifs de rachat avantageux. Conséquence : la moitié des 25 000 emplois du secteur supprimés. L’Etat n’avait plus les moyens de suivre le rythme des installations. La France comptait déjà 1GW d’installés fin 2010 et 4 GW en projet alors que le Grenelle fixait l’objectif à 5,4 GW installés en 2020.

panneau photovoltaïque

Installation photovoltaïque intégrée sur un toit. © Agence éditoriale

En avril 2012, le Conseil d’Etat a validé la légalité des récents arrêtés tarifaires sur le photovoltaïque mais a apporté quelques modifications. Elles concernent notamment la suppression des différences de tarification entre les bâtiments d’habitation et les autres. L’arrêté du 12 janvier stipule désormais dans son annexe 1 que « pour les installations bénéficiant de la prime d’intégration au bâti, le tarif applicable à l’énergie active fournie est égal à 50 c€/kWh« . Toujours par souci d’égalité, les systèmes photovoltaïques devront être installés au moins deux ans après la date d’achèvement du bâtiment pour bénéficier de la prime.

« Le développement d’une filière industrielle demande de la stabilité juridique » souligne Paul Elfassi, avocat associé du Cabinet CGR Legal et président du Comité « Loi et Réglementation » de Ser-Soler. Il ajoute que « cette décision rend la situation des contrats en cours incertaine : elle risque d’entraîner une frilosité des banques concernant les financements ».

Erreurs de jeunesse d’une industrie d’avenir

La filière ne doit pas s’endormir pour autant, car au delà des aléas politiques et législatifs, il est question de l’avenir de l’énergie, de l’après nucléaire et de l’après fossile. La Chine et l’Inde, gouffres énergétiques, misent aussi sur les énergies propres. La plus grande centrale photovoltaïque en fonctionnement se trouve en Chine et produit 200 MW. L’Inde envisage de construire 4 000 MW de centrales solaires.

Toutefois, avec un marché dopé par les incitations fiscales et la baisse de 80 % en 3 ans du coût des modules photovoltaïques, la capacité mondiale de production de panneaux est aujourd’hui deux fois supérieure à la demande. Conséquence : les prix baissent et de nombreux fabricants européens mettent la clé sous la porte, dépassés par la concurrence chinoise soutenue par Pékin. Concurrence qui doit elle-même diminuer sa production, destinée pour 90% à l’Europe. Les Allemands, pionniers dans le domaine, ont vu quatre de leur plus grands spécialistes de l’énergie solaire déposer le bilan en quelques mois : Solon, Solarhybrid, Solar Millenium et Q-Cells. En France, Photowatt a été placé en redressement judiciaire fin 2011 et a été repêché par EDF en février 2012.

Pour faire face à l’hécatombe, des entreprises innovent. L’avenir semble plus radieux du côté du thermodynamique. Les français Soitec et Heliotrop résistent à la crise du secteur en développant des centrales à concentration.

Dans le photovoltaïque, l’amélioration des rendements passe par un changement des matériaux utilisés. Des couches de  phosphore de gallium indium et d’arséniure de gallium-indium autorisent des rendements jusqu’à 40%. Mais ces terres rares, dont l’exploitation est néfaste pour l’environnement, ne sont que partiellement recyclables.

L’autre piste, ce sont les couches minces de type CIGS (Cuivre, Indium, Gallium, Sélénium). Ces modules sont moins chers et plus maniables que les panneaux en silicium mais posent les mêmes problèmes environnementaux que la technologie mentionnée précédemment.

Le recyclage est d’ailleurs une autre filière à développer, elle n’est pas encore organisée. Il faut créer un réseau de collecte et surtout  développer un processus moins énergivore que celui qui est utilisé actuellement : traitements thermiques et chimiques pour rendre les modules réutilisables dans de nouveaux panneaux.

Auteur : Christofer Jauneau, contribution volontaire

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