RTE a publié le bilan électrique 2016. Ce rapport dresse une image précise du mix électrique Français fin 2016. Quelle puissance et quelle production pour chaque filière? Les parts du nucléaire, du charbon et du fioul ont reculé. Les énergies renouvelables ont légèrement augmenté. Le gaz a explosé.

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Les lignes haute tension transportent l’électricité produite en France. Mais quel est le mix électrique français? PHOTO//Wikimedia Commons

Sur l’année 2016, la production totale d’électricité française s’est élevée à 531,3 térawattheures (TWh) [1], en baisse de 2,8% par rapport à 2015. La consommation s’élève quant à elle à 483 TWh et, corrigée de l’effet météorologique, demeure stable, à 473 TWh. Si la France exporte toujours plus d’électricité qu’elle n’en importe, le solde des échanges avec ses voisins baisse de 36,6% et atteint 39,1 TWh. C’est son niveau le plus bas depuis bas depuis 2010.

Sur l’année, le parc de production d’électricité installé progresse de 1.700 mégawatts (MW), pour atteindre 130,8 gigawatts (GW) [2]. Il gagne 1.345 MW d’éolien, 576 MW de solaire, 215 MW  de bioénergies et 51 MW  d’hydraulique. En revanche, le parc thermique à combustible fossile perd au total 488 MW. La puissance installée totale du parc renouvelable s’élève désormais à 45,84 gigawatts (GW) pour une production de 94,7 TWh. Une hausse de 6,5 % par rapport à 2015. Les sources renouvelables assurent 17,8% de la production et couvrent 19,6% de la consommation française. Soit 0,9% de plus qu’en 2015, mais autant qu’en 2014.

Le nucléaire en net recul, pour cause d’anomalies

En 2016, la part du nucléaire dans la production d’électricité a atteint 72,3%, contre 76,3% en 2015. La production nucléaire perd ainsi 7,9%, à 384 TWh. Mais ce recul n’est pas le fruit de la loi de transition énergétique pour la croissance verte qui vise une part de nucléaire dans la production d’électricité à 50% en 2025. Il est plutôt lié à l’arrêt de plusieurs réacteurs entre novembre et décembre. L’Autorité de Sûreté Nucléaire vérifiait alors l’état des générateurs de vapeur dans les centrales qui pourraient avoir fait l’objet de défauts de fabrication à l’usine du Creusot.

Début 2017, RTE indique être confronté à une situation tendue. Plusieurs réacteurs nucléaires sont toujours à l’arrêt. En janvier, les capacités de production étaient limitées à 90 GW, alors que la demande avoisinait 93 GW.

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Croissance historique de l’éolien, faible pour le solaire

En 2016, l’éolien a connu une croissance sans précédent. 1.345 mégawatts (MW) ont été raccordés sur l’année, soit 35% de plus qu’en 2015 (999 MW). À la fin de l’année, le parc éolien français atteint 11,67 GW. Malgré cette performance, les éoliennes n’ont produit que 20,7 térawattheures (TWh) sur l’année, contre 21,1 TWh en 2015. En cause : un vent assez faible entre le deuxième et le quatrième trimestre qui a engendré un facteur de charge éolien de 21,7 %, contre 24,5% en 2015. L’éolien a tout de même permis de couvrir 4,3 % de la consommation électrique française.

Pour le solaire, la croissance est moins radieuse. Seulement 576 MW ont été raccordés sur l’année, contre 895 MW en 2015. Soit une baisse de 36% des nouvelles installations raccordées. Le parc solaire photovoltaïque atteint ainsi 6,67 GW. S’il y a eu peu de vent l’année dernière, il y a en revanche eu pas mal de soleil. La production photovoltaïque a ainsi bondi de 11% pour atteindre 8,3 TWh. Ce qui a permis de couvrir 1,7% de la consommation électrique française.

Hausse des bioénergies et bonnes conditions pour les barrages

Les bioénergies électriques ont gagné 215 MW pour atteindre 1.918 MW, soit une hausse de 12,6 %. 881 MW fonctionnent avec des déchets ménagers comme combustible, 390 MW avec du biogaz, 591 MW avec le bois-énergie et autres biocombustibles renouvelables et 57 MW avec des déchets de papeterie.

La production renouvelable de la filière – hors électricité produite par des déchets ménagers – s’élève à 6,5 TWh sur l’année, en hausse de 7,4 %. En incluant la part non renouvelable, la production atteint 8,5 TWh. Soit de quoi couvrir 1,4% de la consommation électrique française.

Enfin, le parc hydraulique a gagné 51 MW en 2016, pour atteindre 25,48 GW. La production a été de 59,2 TWh, soit 9% de plus qu’en 2015, grâce à des conditions météorologiques favorables au printemps. Cela a permis à la production hydraulique renouvelable de couvrir 12,2 % de la consommation électrique.

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Le charbon et le fioul remplacés par le gaz et de renouvelables

Le charbon recule de 15,4% (à 7,3 TWh) et le fioul perd 13,1% (3,3 TWh). Le gaz gagne 60,8% et atteint une production de 35,3 TWh. Cela en fait la troisième énergie française, après le nucléaire et l’hydraulique. Cette forte hausse est notamment due à la nouvelle centrale Cycle Combiné Gaz de 563 MW, installée à Bouchain. Les énergies fossiles couvrent ensemble 8,6% de la production française.

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Puissance installée, toutes énergies confondues, du parc électrique Franais (à gauche). Energie produite par l’ensemble de ces filières, (à droite). Source : Bilan électrique 2016 de RTE.

[1] 1 terawattheure = 1.000 gigawattheure = 1 million de mégawattheure = 1 milliard de kilowattheure
[2] 1 gigawatt = 1.000 mégawatt = 1 million de kilowatt

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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