Après 4 années de baisse des nouvelles installations, la puissance éolienne raccordée au réseau a fortement progressé en 2014. Elle atteint 1042 MW, un résultat qui porte la puissance raccordée au-dessus de la barre des 9 GW. Cette dynamique retrouvée s’explique notamment par le volontarisme des pouvoirs publics. Elle est cependant insuffisante pour atteindre les objectifs de la transition énergétique. C’est pourquoi FEE demande l’adoption de mesures adaptées lors de l’examen du projet de loi sur « la transition énergétique » et de celui pour « la croissance et l’activité ».

puissance éolienne 2014

En 2014, 1042 MW d’énergie éolienne ont été installés. Il faut amplifier la tendance pour atteindre les objectifs de la transition énergétique. Photo//Pixabay

En 2014, la filière éolienne française confirme son redémarrage, après 4 années de ralentissement de sa croissance. Ainsi, ce sont 1042 MW d’énergie éolienne qui ont été raccordés au réseau en 2014, soit l’équivalent d’un million de nouveaux foyers français qui ont vu leur consommation électrique domestique (hors chauffage) couverte par l’éolien.

Cette progression a été favorisée par un volontarisme politique. Plusieurs mesures clés ont été adoptées comme la sécurisation du tarif d’achat réglementé et l’adoption de la loi Brottes (2013) qui supprimait les zones de développement éolien et le seuil de 5 mâts pour la construction d’un parc éolien. Ces simplifications juridiques ont rapidement porté leurs fruits.

Une dynamique à replacer dans les objectifs de la transition énergétique

« La fin des années 2000 a été marquée par un cadre législatif complexe, défavorable au développement de l’énergie éolienne terrestre en France. Les effets ont été très négatifs, puisque depuis 2009, la puissance éolienne raccordée baissait chaque année ! A contrario, les mesures législatives récentes ont été suivies d’effets. Les chiffres 2014 dénotent une dynamique retrouvée. Mais il ne faut pas s’en réjouir trop tôt. Cette croissance doit absolument être amplifiée dans les années à venir si la France veut atteindre ses objectifs de transition énergétique » explique Frédéric Lanoë, président de France Énergie Éolienne, porte-parole des professionnels éoliens français.

Le projet de loi pour la Transition Énergétique fixe en effet un objectif précis : porter la part des énergies renouvelables à 23 % de la consommation finale brute d’énergie en 2020 (soit 19 GW pour l’éolien terrestre et 6 GW pour l’éolien en mer) et à 32% de cette consommation en 2030. Pour les atteindre, il faudra donc concrétiser le raccordement de plus de 1,6 GW par an. Un cap qui semble atteignable si l’on note que la ministre de l’Écologie elle-même propose de fixer un objectif de 40% d’énergies renouvelables électriques d’ici à 2030.

Maintenir le tarif d’achat pour augmenter la puissance éolienne

Pour tenir ce cap, France Énergie Éolienne demande au gouvernement et aux parlementaires de lever le malentendu qui subsiste dans le projet de loi pour la transition énergétique concernant le tarif d’achat. En effet, ce texte pose une date butoir fixée au 01/01/2016 pour abandonner ce tarif en s’inspirant du droit européen. Or, cette décision ne s’applique pas au cas de l’éolien terrestre, pour lequel le tarif réglementé est valide aux yeux de la Commission européenne pour 10 ans.

En effet, le maintien de ce tarif, dans l’attente d’une réforme indispensable du marché de l’électricité19, est indispensable pour garantir la confiance des investisseurs et favoriser la poursuite du développement éolien. Tant que le marché de l’électricité français n’aura pas été fluidifié et modernisé, il serait impensable que la France ne garantisse pas ce tarif et s’exclue d’un contexte mondial qui s’avère porteur : les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables ont crû de 16 % en 2014 (hors hydraulique), selon le bilan publié le 9 janvier 2015 par Bloomberg New Energy Finance.

Le gouvernement et le Parlement doivent saisir l’opportunité du projet de loi de transition énergétique actuellement en discussion au Sénat pour mener cette réforme indispensable du marché électrique.

« En 2014, 1,5 milliards d’euros d’investissements ont été nécessaires au raccordement de 1042 MW, souligne Sonia Lioret, déléguée générale de FEE. Il est essentiel de sécuriser la confiance des investisseurs et rattraper le train mondial de la transition énergétique. Cela passe par une réforme ambitieuse du marché électrique, la modification du tarif d’achat réglementé ne peut intervenir que dans un second temps. C’est une condition sine qua non d’une progression conséquence de la part d’énergie éolienne en France. »

Le projet de loi Macron pour la croissance et l’activité sera lui aussi un rendez-vous majeur puisqu’il abordera la simplification d’une autorisation unique éolienne ou encore la réforme du contentieux administratif de l’environnement.

« Nous maintenons qu’il y a trois conditions essentielles d’une progression conséquente de la part d’énergie éolienne en France : un système de rémunération juste, une instruction efficace et rapide, et enfin des espaces clairement dégagés pour installer des projets acceptés » conclut Frédéric Lanoë, président de France Énergie Éolienne.

Radars militaires : un équilibre à trouver

Enfin, en 2015, un autre sujet sera aussi à l’ordre du jour pour la filière : la limitation des projets de parcs éoliens en raison des contraintes renforcées dans les zones d’entraînement de l’armée et des radars militaires. FEE s’est donc engagée dans des discussions avec les pouvoirs publics pour atteindre un point d’accord et trouver une position équilibrée avec l’ensemble des parties prenantes sur ce dossier.

 Auteur : France Énergie Éolienne

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