Le plan de rénovation énergétique de l’habitat (PREH) répond à l’engagement de François Hollande de rénover 500 000 logements, dont 300 000 dans le privé, par an d’ici 2017. Ainsi, la consommation d’énergie dans le secteur du bâtiment devrait diminuer de 38 % et les émissions de gaz à effet de serre baisser de 50 % à l’horizon 2020. Ce plan prévoit plusieurs aides aux particuliers.

aides rénovation énergétique

Thermographie infrarouge d’un bâtiment performant et d’un bâtiment énergivore. Rénover, c’est réduire sa facture énergétique !

Nous avons déjà pris du retard. La loi de programmation du Grenelle de 2009 fixait comme objectif la rénovation complète de 400 000 logements chaque année à compter de 2013. Mais aujourd’hui, seulement 120 000 logements privés et 25 000 logements sociaux sont rénovés chaque année. L’objectif est d’atteindre 180 000 rénovations lourdes en 2014, dont 40 000 pour des ménages modestes. A terme, il faudra avoir rénové quelques 31 millions de logements !

La rénovation énergétique comprend un triple enjeu écologique, social et économique. Elle permettra de respecter les engagements de la France en matière de lutte contre le réchauffement climatique, de faire diminuer la précarité énergétique et de réduire les charges qui pèsent sur les ménages. Elle permettra aussi la création ou le maintien de 75 000 emplois non délocalisables concernés par le secteur de la rénovation énergétique. Rappelons qu’entre une maison mal isolée et une maison très performante sur le plan énergétique, la facture annuelle peut baisser de 2 500 à 250 € par an, ce qui représente tout de même une économie de près de 200 € par mois !

Des aides pour tous, en fonction des revenus

Pour inciter les Français à entreprendre des travaux de rénovation énergétique dans leur habitat, le plan de rénovation énergétique de l’habitat (PREH) prévoit de nombreuses aides financières, variant en fonction des conditions de revenus.

Des aides de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) pour les ménages modestes (46 % des Français) permettent aujourd’hui de financer jusqu’à 50 % du montant total des travaux, contre 35 % avant le PREH. Le plafond de ressources pour en bénéficier a été relevé de 17 000 € pour un couple sans enfant en province à 26 000 €. Une prime supplémentaire de 1 350 € pour les classes moyennes et une de 3 000 € pour les ménages les plus modestes sont également proposées. Toutes ces aides se combinent, localement, avec les subventions mises en place par les collectivités locales, soit plus de la moitié des territoires.

Le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) et l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) permettent de payer le reste des travaux. Depuis le 1er septembre 2014 et jusqu’au 31 décembre 2015, le CITE remplace le crédit d’impôt développement durable (CIDD). Accessible à tous (propriétaires et locataires), il permet de bénéficier d’un taux unique de réduction d’impôts de 30 % sur l’achat d’équipements permettant une meilleure efficacité énergétique ou sur des travaux de rénovation énergétique. Avant cette date, le crédit d’impôt variait entre 10 et 25 %. Pour obtenir un taux à 25%, il fallait engager un bouquet de travaux; le taux de 30% est désormais accessible dès la première opération. Le montant total des dépenses en faveur de la transition énergétique ouvrant droit au crédit d’impôt ne pourra excéder 8 000 € pour une personne célibataire, veuve ou divorcée et 16 000 € pour un couple marié ou pacsé. Accessible aux propriétaires, l’éco-PTZ permet de bénéficier d’un prêt jusqu’à 30 000 €, sans intérêts, remboursable sur 10 ans, pour financer les travaux de rénovation.

Etre accompagné dans sa rénovation, c’est facile !

En parallèle, un service public d’information a été développé : il prend la forme d’un N° Azur d’information 0810 140 240 (prix d’un appel local), d’un site Internet et de plus de 450 « Points rénovation info service »  (PRIS) répartis sur l’ensemble du territoire. Les conseillers de ces PRIS sont disponibles pour un accompagnement personnalisé et gratuit. Ces centres permettent de s’informer sur la nature des travaux à effectuer, sur les démarches à suivre pour bénéficier des aides et pouvoir constituer rapidement un dossier.

À partir du 1er juillet 2014, seules les opérations de rénovation énergétique réalisées par des professionnels « Reconnu Garant de l’Environnement » (RGE) pourront bénéficier de l’éco-prêt à taux zéro. Et à compter du 1er janvier 2015, cette mention sera nécessaire pour profiter du crédit d’impôt transition énergétique. Cela incitera les particuliers à faire appel à des installateurs qualifiés en vue d’obtenir les aides publics et incitera les professionnels à suivre une formation spécifique pour obtenir la certification et monter en compétences.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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