La maîtrise du stockage de l’électricité et le développement du réseau de distribution et du réseau de transport sont des nécessités pour assurer la transition énergétique. Dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, une conférence parlementaire a rappelé ces défis que le secteur énergétique doit surmonter.  

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Le développement du réseau de distribution et du stockage de l’électricité sont des nécessités pour développer les énergies renouvelables

« D’un côté, avec des projets ambitieux et avec le développement des interconnexions, nous pourrions profiter des éoliennes de la Mer du Nord, voire des barrages de Norvège et pourquoi pas du Soleil du Sahara […] de l’autre, des énergies renouvelables permettraient aux territoires de retrouver une certaine autonomie énergétique grâce à des sites éoliens et photovoltaïques, grâce aux centrales à biomasse, à la valorisation des déchets, à la méthanisation agricole », affirme Roland Courteau, sénateur de l’Aude et Président du groupe d’Etudes sur les énergies du Sénat.

Les énergies renouvelables intermittentes sont décentralisées et les sites favorables sont rarement situés près des zones de consommation. Plus il y aura d’énergies renouvelables, plus il faudra donc construire d’interconnexions et de réseaux. Or, il faut environ 10 ans pour construire une ligne à très haute tension contre 5 ans pour une centrale. Cela implique aussi l’acceptabilité de ces constructions nouvelles. Par exemple, l’Allemagne est obligée de construire 3 800 km de réseau supplémentaire pour relier la production des éoliennes du nord au centre de production qui se trouve dans le sud.

Développer le réseau de distribution et le réseau de transport

Les énergies renouvelables nécessiteront demain un transport bidirectionnel. « Vous aurez de la production locale qui sera un jour peut-être autoconsommée mais qui sera aussi injectée dans le réseau et qui repartira sur le réseau », rappelle Philippe de Ladoucette, président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

La totalité des investissements a été évaluée à 160 milliards de dollars d’ici 2030, dont environ 50 milliards pour le réseau de transport et 110 milliards pour le réseau de distribution. Face à ces défis, « Nous avons donc tout intérêt à soutenir l’ensemble des technologies qui faciliteront l’intégration des ENR dans le système électrique », reconnait-il.

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Développer le stockage de l’électricité

 « Le stockage de l’électricité est lui aussi un enjeu fondamental », rappelle Roland Courteau. « Seul le stockage à grande échelle permettra un jour aux énergies renouvelables de passer à la première place dans le bouquet énergétique », prévient-il. En parallèle des recherches sur le stockage de l’électricité, il faut encourager l’effacement.

Sans ce stockage de l’électricité, il faudra toujours des centrales à gaz pour compenser l’intermittence de la production éolienne ou photovoltaïque, au prix d’émissions de CO2 que l’on connait.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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