Dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, intéressons-nous aux réseaux de chaleur. Ceux-ci permettent facilement d’augmenter considérablement la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique.

réseau de chaleur

Réalisation d’un réseau de chaleur.

Actuellement, environ 6 % de la population française est chauffée par un réseau de chaleur. A l’horizon 2020, les objectifs du secteur sont de raccorder 18 % de la population et de porter le mix énergétique à 50 % d’énergies renouvelables, contre 31 % en 2009. En 2009, le reste du mix énergétique était composé à 44 % de gaz, 9 % de fiouls, 8 % de charbon et 8 % d’autres énergies.

Malgré les objectifs affichés par le Grenelle de l’environnement, la France arrive encore en 15e position du classement européen pour les réseaux de chaleur. Ses réseaux chauffent seulement 6 % de la population lorsque la moyenne européenne se situe à plus de 30 %. Pour le Danemark, la République Tchèque, ou encore l’Islande, ces taux dépassent 50 %, l’Islande étant championne, avec un taux de 99 % !

Les réseaux de chaleur, késako ?

Un réseau de chaleur est un chauffage central à l’échelle d’une ville ou d’un quartier. Le tout fonctionne un peu comme une immense chaudière. Un ensemble d’installations produisent et distribuent la chaleur à plusieurs bâtiments pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire. « Les réseaux de chaleur permettent une mutualisation et une diffusion à grande échelle des énergies renouvelables », rappelle Guillaume Planchot, Président de Via Sèva, association de promotion des réseaux de chaleur et de froid.. La plupart des réseaux se trouvent dans les zones urbaines denses, mais ils ont également un rôle à jouer dans les zones exclues qui utilisent un chauffage au fioul.

Un réseau de canalisations enterrées sous voiries distribue la chaleur vers les utilisateurs.  Ce réseau transporte la chaleur qui alimente des postes de livraison installés dans les immeubles raccordés.  Dans le bâtiment, l’usager règle ensuite son radiateur comme il l’aurait fait s’il bénéficiait d’un chauffage central collectif. Un autre réseau de canalisations permet le retour du fluide vers les centrales de production. Le tout fonctionne en circuit fermé.

Quels sont les atouts des réseaux de chaleur ?

L’étude Ecoheat4EU  a montré que la chaleur perdue par les centrales électriques, les centres de traitement des déchets et les industries représente une perte de 1 000 € par an et par citoyen européen. Elle pourrait pourtant être récupérée par des réseaux de chaleur et de froid, limitant ainsi les pertes. Ces pertes sont constituées par ce que l’on appelle communément la « chaleur de récupération », une chaleur inévitablement produite par les procédés industriels et tout à fait exploitable en l’état.

La valorisation énergétique des déchets représente déjà une part importante et grandissante du mix énergétique de ces systèmes de chauffage. En effet, elle représente 73 % de l’ensemble des énergies renouvelables utilisées dans ces réseaux ! Le reste est constitué à 11% de biomasse, 9% de géothermie, 3% de chaleur industrielle et 4% d’autres sources.

Le défi est aujourd’hui de développer l’utilisation de nouvelles ressources de récupération, telles que la chaleur fatale de process industriels, la chaleur dégagée par les serveurs informatiques (Data Centers) ou encore la chaleur dégagée par les eaux usées.

Le Fonds Chaleur, une aide très appréciée

Géré par l’ADEME, le Fonds Chaleur soutient le développement de la production de chaleur à partir des énergies renouvelables. Au-delà du développement des seuls  réseaux de chaleur, il est destiné à toutes les entreprises des secteurs agricole, industriel et tertiaire privé, les collectivités et les gestionnaires d’habitat collectif.

Grâce à des aides financières spécifiques, le Fonds Chaleur facilite l’installation de nouveaux équipements. « C’est un formidable accélérateur, générateur d’impulsion dans le développement des énergies renouvelables et des réseaux de chaleur », estime Guillaume Planchot, Président de Via Sèva, association de promotion des réseaux de chaleur et de froid.

Le Fonds Chaleur actuel couvre la période 2009-2013. Il devra être remplacé 2014. Pour cela, des pistes d’amélioration sont proposées par le secteur. « Il faut mieux le dimensionner, le simplifier, le clarifier et offrir de la visibilité aux collectivités sur les modalités d’attribution : des critères stables et clairement compréhensibles par les collectivités, dans des calendriers compatibles », propose par exemple Guillaume Planchot.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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