Jusqu’au 14 Juillet, Versailles accueille le Solar Decathlon, une compétition universitaire pour inventer l’habitat solaire de demain. Le défi : concevoir et construire une maison autonome en énergie n’utilisant que le soleil comme source d’énergie. Le solaire y est donc passif, thermique et photovoltaïque. Les maisons produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment grâce à une vingtaine de panneaux solaires installés sur les toits ! Profitez-en, l’entrée est gratuite !

solar decathlon

Le projet nantais Philéas prévoit la réhabilitation complète d’un bâtiment industriel construit en 1895 en gardant sa structure porteuse en acier. ©Photo: Matthieu Combe/Natura Sciences

Depuis octobre 2012, nous savions que le Solar Decathlon arriverait à Versailles en juillet 2014. C’est désormais chose faite : après un an et demi de travail, les étudiants, issus d’écoles d’architecture et d’ingénierie du monde entier présentent leur prototype de maison solaire.

La densification urbaine à l’honneur du Solar Decathlon

Pour cette édition, la France a mis l’accent sur des critères spécifiques: la densité urbaine, la mobilité, l’accessibilité financière et la prise en compte du contexte local du pays d’origine. Le résultat est là : nombre d’équipes veulent répondre au défi de la densification de leur ville. Pour ce faire, le Mexique, le Danemark, l’Espagne, l’Allemagne et Taïwan proposent des extensions en toiture avec leus projets respectifs Casa, Embrace, Symbcity, Ontop et Rooftop, et Orchid House. D’autres projets prévoient a réhabilitation d’anciennes friches industrielles ou de terrains abandonnés. C’est le cas du projet Roumain EfdeN et du projet Costaricien Tropika. Le projet français Philéas propose de rénover un immeuble nantais laissé à l’abandon (Cap 44).

La maison pourrait aussi être communautaire : les projets Casa et Embrace proposent de partager sa machine à laver avec ses voisins. La Suisse va beaucoup plus loin en proposant de partager tous les espaces de vie – cuisine, salle de vie – avec son projet Your+. Tout y est pensé pour gagner de la place : les canapés et les chaises sont convertibles en tables et peuvent être rangés sur une étagère en fonction du nombre de convives ! Le réservoir des toilettes se remplit en se lavant les mains et les panneaux solaires chargent aussi les batteries des vélos électriques partagés.

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L’agriculture urbaine aura toute sa place

La maison de demain devra aussi laisser place à la nature et à l’agriculture urbaine. Ainsi, le projet Phileas prévoit un pôle maraîchage urbain au dernier étage du bâtiment. L’agriculteur vendrait en direct sa production aux habitants et usagers professionnels du bâtiment. Le projet danois Embrace quant à lui de partager des plantes aromatiques avec ses voisins, lorsque les Mexicains proposent des potagers arrosés grâce à de l’eau pompée par les habitants en pédalant sur un vélo. Ils répondent ainsi à un triple défi: lutte contre l’obésité qui sévit dans le pays, économies d’eau et économies d’énergie !

Plusieurs projets devraient se concrétiser. Si certains sont d’ores et déjà en phase d’expérimentation, la plupart sont encore en phase de négociations avec des promoteurs immobiliers.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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