La course au développement des énergies renouvelables est lancée. Le secteur du stockage est en plein boom. Si EDF teste des microgrids dans les régions insulaires françaises, d’autres entreprises, comme Tesla, installent des « fermes » de stockage géantes dans le désert australien.

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Les batteries se développent pour équilibrer la production et la consommation de l’électricité, développer l’autoconsommation et l’autonomie de sites isolés. PHOTO//DR U.S. Air Force

Le stockage d’énergie a le vent en poupe. La loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) prévoit la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) d’ici la fin de l’année 2018, et ce pour les périodes 2018-2023 et 2024-2028. La nouvelle PPE fait la part belle au stockage d’électricité « à grande échelle (qui) est en train de devenir une réalité technologique ». Elle permet « d’équilibrer la production et la consommation en stockant l’électricité lorsque la consommation est faible » et vice versa. Le développement du stockage chimique de l’électricité permet également de développer l’autoconsommation, voire l’autonomie de sites isolés. L’ère des batteries est sur le point de s’installer.

Les territoires insulaires sur le devant de la scène

Les territoires insulaires représentent une vitrine grandeur nature pour tester ces nouvelles technologies. C’est le cas de l’île de la Réunion, où EDF déploie un microgrid 100% solaire. Cette solution permet de dépasser les difficultés d’alimentation électrique rencontrées par la population du fameux cirque de Mafate. Ce réseau électrique de petite taille intègre des panneaux solaires couplés à des batteries d’hydrogène.

Cette unité de stockage permet de conserver l’énergie produite pendant plusieurs jours. « C’est un joyau du développement durable, se félicite la maire de La Possession. Une innovation qui répond à ses trois piliers : écologique, économique et social ». La Réunion vise une part de 50% d’énergies renouvelables en 2020, voire l’autonomie d’ici à 2030. Les microgrids réunionnais « préfigurent le paysage énergétique du territoire métropolitain dans les prochaines décennies », estime-t-on chez EDF.

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De nouveaux logiciels pour coordonner production et stockage

D’autres territoires insulaires français ont aussi passé le cap du stockage. C’est le cas des îles d’Ouessant et de Sein, en Bretagne, qui ont engagé, depuis 2016, un audacieux programme de transition. Les communes d’Ouessant et de Sein visent 100% d’énergies renouvelables dans la prochaine décennie. Leur programme implique la mise en place progressive d’un mix électrique décarboné géré par un système de pilotage innovant, EMS (Energy Management System).

Mis en service par EDF en juin 2017, ce logiciel d’optimisation énergétique permet de coordonner les diverses productions et le stockage en temps réel. Le logiciel EMS permet de piloter le microgrid breton en analysant en temps réel les données de production d’énergies renouvelables et de stockage d’énergie. Il offre au gestionnaire la possibilité de surveiller, contrôler et optimiser les performances de la production.

Enfin, la PPE accorde une large place à l’autoconsommation électrique. Actuellement, seulement 15.000 foyers français auto-consomment leur production électrique, mais de nouvelles dispositions devraient la faire décoller. Le Réseau de transport d’Electricité (RTE) estime ainsi qu’en 2030, 4 millions de foyers français devraient produire et consommer leur propre électricité. Un développement qui ne sera rendu possible qu’avec l’émergence de nouvelles solutions de stockage. Dans ces conditions, tous les acteurs du secteur s’investissent dans ce domaine.

Le stockage, un secteur très convoité

Avec son « Plan Stockage Electrique », EDF ambitionne de devenir le leader européen du secteur d’ici 2035. L’objectif est de passer de 5 gigawatts (GW) de moyens de stockage dans le monde à 10 GW à cet horizon. Un investissement de quelques 8 milliards d’euros, assumé par le PDG de l’électricien, Jean-Bernard Lévy. Selon ses propos, « les technologies de stockage de l’électricité sont appelées à transformer radicalement le secteur de l’énergie ».

Le groupe français n’est pas seul en lice. L’américain Tesla, fort de son avance technologique dans la voiture électrique, va ainsi proposer des solutions de « home battery » aux particuliers. L’entreprise d’Elon Musk a même installé, dans le sud de l’Australie, la plus grande « ferme » de batteries lithium-ion au monde. Elle totalise 100 MW de stockage. Un record qui devrait rapidement être battu par un autre milliardaire, l’Anglais Sanjeev Gupta, patron du groupe GFC Alliance. Ce dernier a annoncé son ambition de construire, toujours en Australie, une installation de stockage d’énergie capable de fournir 120 MW, pour une capacité de stockage de 140 mégawattheure (MWh).

La Corée du Sud, de son côté, a battu son propre record en termes de système de stockage d’énergie. Korea South-East Power Co. vient, en effet, de construire une unité de stockage à base de batteries lithium-ion d’une capacité totale de 42 MWh. La course au gigantisme semble bien partie.

Auteur : Melissa Petrucci, contribution bénévole

Avertissement: cet article est une contribution bénévole et ne reflète pas forcément la position de la rédaction. 


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