Tandis que la France a un rôle majeur à jouer en matière de climat et de défense de l’environnement, avec, en décembre prochain, l’organisation de la COP21 au Bourget, ses transports en commun se convertissent de plus en plus au tout électrique. En ligne de mire : l’intégration des énergies renouvelables dans le circuit.

bus électriques

Les bus électriques commencent à se multiplier dans les villes françaises. PHOTO//Bluesolutions

2015 sera, en France, à marquer d’une pierre verte : la défense environnementale s’y déclinera à plusieurs niveaux. La Conférence internationale sur le climat (COP21) du Bourget, en décembre, viendra clore une année où l’Hexagone aura vu apparaître dans sa batterie législative la loi sur la transition énergétique et la loi sur la biodiversité. Pendant ce temps, les transports, régulièrement accusés de contribuer grandement aux émissions de gaz à effet de serre en France et en Europe, poursuivront leur politique « 100 % électrique ».

La France poursuit l’électrification de ses bus

Depuis peu, le pays voit émerger, un peu partout, des transports publics (ou transports en commun) fonctionnant à l’électricité ou au bioGnV. Les bus 100 % diesel sont remplacés petit à petit ! Les municipalités ont intégré le facteur environnemental dans la conduite de leur politique des transports : le réchauffement climatique entraîné par les émissions de gaz à effet de serre ne pourra être freiné que par la mise en place de transports vertueux et écologiques. De même pour l’émission de particules fines à l’origine de la pollution atmosphérique médiatisée par les pics de pollution. Ainsi, tandis que les mesures prises en la matière sont souvent dictées par l’urgence – circulation alternée par exemple –, l’électrification des bus est une solution pérenne pour endiguer les atteintes à l’environnement.

Le nombre de villes ayant recours aux transports électriques se multiplie. Les principales municipalités du sud-ouest s’y sont ainsi converties. Alors que Pau testait en juin dernier les navettes électriques « Bluebus » du français Bolloré, Bayonne, Bordeaux et Toulouse misent déjà toutes sur cette technologie. A Nice, maintenant, il est même possible de prendre un bus en autonomie illimitée. Même s’il ne s’agit que d’une navette aéroportuaire, cette avancée technologique n’en est pas moins perçue comme « une première mondiale ». Disposant de 800 mètres d’autonomie, le bus peut véhiculer 80 personnes. Il se recharge en 20 secondes, soit le temps moyen d’un échange de passagers, grâce à un système dit de « biberonnage », transférant l’énergie depuis un poteau d’arrêt vers l’appareil. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), Opérateur de l’Etat, a annoncé qu’elle soutiendrait financièrement le projet baptisé « Watt system », afin de le développer à grande échelle.

C’est surtout à Paris que l’installation des bus électriques était attendue. La RATP a annoncé, en accord avec la volonté d’Anne Hidalgo, la maire de la capitale, de faire disparaître le diesel d’ici 2020 au profit du 100 % électrique pour le parc autobus. Pierre Mongin, l’ex-patron de la RATP, récemment transféré chez Engie, de concert avec le Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF), annonçait en effet en décembre dernier qu’un contrat pour l’attribution des premiers bus 100 % électriques avait été confié à une filiale du groupe Bolloré. D’après la régie des transports et la société bretonne, cette commande publique « de 10 à 40 millions d’euros » est « le premier contrat de cette importance en Europe ». Pierre Mongin, reconnaissant malgré tout que « le bus électrique n’est pas une affaire facile », souligne que « nulle part au monde, il n’existe à cette échelle des lignes régulières en bus standard avec 90 personnes dedans ». De quoi positionner la RATP au premier plan lors de la COP21. L’entreprise publique exporte d’ailleurs aujourd’hui son savoir-faire un peu partout dans le monde, notamment en Chine et, plus récemment, à Riyad, en Arabie saoudite.

Transports électriques et énergies renouvelables

S’il faudra vraisemblablement attendre plutôt 2025 pour que le parc de la RATP soit effectivement 100 % électrique, « on commandera des hybrides, tant que l’on ne disposera pas de solutions électriques adaptées », renseigne-t-on du côté de la régie autonome. Aujourd’hui, la technologie hybride est déjà utilisée dans les rues de Paris ; une vingtaine de véhicules électriques et 48 véhicules hybrides roulent dans la capitale. L’avantage de ces véhicules, d’après Olivier Toublanc, chef des ventes des autobus chez Scania France, c’est qu’il est possible de « conjuguer dans le futur l’hybride électrique avec du gaz, de l’éthanol ou des biocarburants. » Depuis des années, l’ADEME milite, en France, pour que les transports utilisent ces biocarburants, dans le but, notamment, de réduire les émissions de gaz à effet de serre. D’après l’opérateur de l’Etat, promoteur de la transition énergétique, « l’éthanol et le biodiesel permettent tous deux de réduire la dépendance aux énergies non renouvelables par rapport aux carburants fossiles. »

Plus largement, la transition énergétique appliquée aux transports en commun pourra, à terme, permettre l’immixtion des énergies renouvelables (EnR) dans la circulation. La RATP, encore elle, s’y est d’ailleurs engagée : à terme, non seulement elle diminuera ses émissions de gaz à effet de serre, mais l’électricité qu’elle utilisera sera verte. L’un des points fondamentaux de la loi actuellement discutée au Parlement est, effectivement, d’encourager le recours aux énergies vertes – qu’elles soient éolienne, hydraulique ou solaire – ; grâce aux réseaux électriques « intelligents » – ou « smart grids » – qui se mettront petit à petit en place.

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Tandis que certaines voix s’élèvent, notamment chez les détracteurs du tout nucléaire, pour dénoncer l’origine principale de l’électricité injectée dans les transports en commun jusqu’à présent, l’apparition des EnR sera de nature à faire taire ces critiques. Et légitimer pour de bon, s’il en était encore besoin, les transports électriques.

Auteur : Melissa Petrucci, contribution volontaire

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