Uranium : un poison légal est une enquête sur les conséquences de l’exploitation de l’uranium faite par la société française Areva au Gabon et au Niger. Diffusion mercredi 12 mars sur France Ô à 21h30, après Quirra, Poubelle des armées).

Extraction de l'uranium au Niger dans "Uranium, un poison légal"

Extraction de l’uranium au Niger dans « Uranium, un poison légal »

Le documentaire commence à Mounana, au Gabon, sur le site d’une mine d’uranium, propriété de la COMUF, une filiale d’Areva. Après la fermeture de la mine en 1999, les expatriés sont partis, mais les mineurs gabonais et leurs familles sont, eux, toujours là. Depuis, personne – pas plus les autorités locales que leur ancien employeur – ne s’inquiète de leur santé. Un danger invisible, le radon, pourtant, les menace. Des stériles miniers radioactifs ont en effet été utilisés pour les fondations de leurs maisons. Si cette radioactivité est sans danger immédiat, elle peut dépasser la dose maximale admissible recommandée sur l’année. La pollution radioactive est partout, même dans les lieux publics.

Pendant des années, l’usine a rejeté ses déchets radioactifs dans la rivière où les femmes continuent d’aller laver le linge et de tremper le manioc. La filiale a démoli l’usine et déversé les gravats au fond d’une ancienne mine à ciel ouvert, aujourd’hui remplie d’eau et profonde d’une centaine de mètres. L’eau rejoint une rivière où les habitants se lavent et pêchent le poisson. Tous les habitants ont la sensation d’avoir été laissés exprès dans l’ignorance.

Au Niger, l’uranium contamine les mineurs

Au Niger, à quelques kilomètres des deux mines d’uranium toujours en activité exploitées pour Areva, les 85 000 habitants d’Arlit sont eux aussi menacés. « Il y a une pollution de l’air, de l’eau, une dispersion de solides radioactifs », assure Bruno Chareyron, un ingénieur en physique nucléaire venu enquêter pour la CRIIRAD. Les mineurs travaillent dans une mine souterraine à 250 mètres de profondeur ; plusieurs tombent malades et meurent d’infections pulmonaires et de cancers.

Une situation insupportable pour les juristes et les avocats de l’association Sherpa, spécialisés dans la défense des populations victimes de crimes économiques. En 2009, lorsque ce documentaire a été tourné, Sherpa était parvenue à négocier avec Areva la mise en place d’observatoires de la santé sur ces sites au Gabon et au Niger avec la collaboration de Médecins du Monde et de la Criirad. Trois ans plus tard, à la fin de l’année dernière, l’association constate que ces engagements ont été insuffisamment respectés par Areva.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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  • Benji

    L’arsenic et le cadmium sont aussi plus toxiques que le plomb… Est-ce pour autant qu’il faut privilégier le plomb dans notre eau ? On ne peut pas lutter contre les éruptions volcaniques, par contre on peut éviter les tas de résidus miniers !! La philosophie du « il y a pire » ne fait pas vraiment avancer à mon avis

  • Notre surnombre schizophrene est seul responsable de cette situation. Nous allons vider totalement cette planete de la derniere goutte de son sang ! et après, on fera quoi ? on retourne a l’age de pierre ? Il faut limiter les familles a 1 enfant par couple des maintenant et vite !