Le navigateur Patrick Deixonne et ses coéquipiers sont partis en mai 2013 à la rencontre du 7e continent dans le gyre du Pacifique Nord. Entre 2014 et 2017, l’expédition souhaite explorer les 5 grands gyres océaniques qui emprisonnent les déchets marins. Pour ce faire, l’équipe espère récolter 15 000 € sur KissKissBankBank.

7e continent plastique

L’expédition 7e continent veut alerter l’opinion publique sur la pollution des océans. © Zak Noyle

Il existe au moins 5 grands gyres océaniques dans les océans de la planète, comparables à celui du Pacifique Nord. Agissant comme des vortex, ces tourbillons de courants marins accumulent tous les déchets environnant en leurs centres. Ces « continents » de déchets sont constitués de macro déchets éparses (bouteilles vides, sacs, etc.) mais surtout de milliards de petits éléments pas plus grands qu’un confetti.

L’expédition « 7e continent » 2014 sera consacrée au gyre de l’Atlantique Nord. Elle partira sur un catamaran de 18 m. L’objectif est d’y localiser la pollution, de témoigner et d’alerter l’opinion publique. Si l’appel à participation sur KissKissBankBank est de 15 000 €, le budget global de l’expédition est au minima de 50 000 €. Pour parvenir à récolter l’ensemble des fonds nécessaires, l’équipe recherche notamment des partenaires travaillant dans le recyclage ou la fabrication de plastiques biodégradables. « Si nous récoltons plus, cela permettra d’améliorer la partie scientifique », prévient Patrick Deixonne, chef de mission.

Une aventure scientifique et pédagogique

Lors de l’expédition, des bouées dérivantes et plusieurs capteurs seront utilisés pour mieux connaître les courants du gyre, mesurer la pollution et son impact sur la faune. « L’équipe sera constituée de plusieurs scientifiques dans les domaines de l’imagerie radar par satellite et du labo [IMRCP)] de Toulouse sur les capteurs de polluants », explique Patrick Deixonne.

Ces capteurs de polluants, des organogels poreux, concentrent rapidement les polluants. Placés dans l’eau ou dans la chair de poissons, ces capteurs fonctionnent un peu comme une éponge à polluants. Une fois extraits, ils peuvent être dosés en laboratoire. Les scientifiques ont ainsi accès à une concentration moyenne en divers polluants dans l’eau ou dans la chair des grands poissons durant le temps d’exposition.

L’expédition se veut avant tout pédagogique, notamment à travers la participation de nombreux étudiants en France et aux Etats-Unis. Ceux-ci pourront s’impliquer grâce à l’exploitation de véritables données satellites fournies par le Centre national d’études spatiales (CNES) dans le cadre du projet Argonautica. La progression du bateau, équipé d’une balise Argos, pourra être suivie sur Internet.

Vous souhaitez en savoir plus ou revivre les expéditions 2012 et 2013 ? Rendez-vous sur la page 7e continent de Natura Sciences.

Le 7e continent en images

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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