Depuis 2005, et sous la présidence d’Emmanuelle Grundmann, primatologue, journaliste et auteure, l’ONG française Awely, des animaux et des hommes, mène en Afrique et en Asie des programmes de conservation des espèces et de développement.

mere bonobo avec son enfant

Femelle Bonobo (Pan paniscus) avec son petit. © R Fulconis/Awely/Ekolo ya bonobo

Il nous semble essentiel, pour parvenir à nos fins, de systématiquement tenir compte des besoins les plus élémentaires des populations locales. Il y a tant de cas où la préservation de la faune sauvage et des écosystèmes attire l’attention et bénéficie de subventions considérables alors que les communautés pauvres vivant à proximité ne peuvent jouer le rôle que de témoins. Imaginons à quel point cela peut être douloureux, frustrant, déroutant, choquant de voir l’attention et les financements dont bénéficient les animaux, quand les villageois n’ont pas accès à l’eau potable, ni suffisamment d’argent pour envoyer leurs enfants à l’école ou faire trois repas par jour. Choquant, mais aussi d’après nous, complètement inefficace sur le long terme. Partant de ce constat, Awely coordonne aujourd’hui deux types de programmes menés en collaboration avec des organisations locales : les Casquettes rouges et les Casquettes vertes.

Des Casquettes rouges pour réconcilier Homme et animaux

Au Népal, Sher Bdr enquête juste après le passage d'un éléphant dans un champs.

Au Népal, Sher Bdr enquête juste après le passage d’un éléphant dans un champs. © R Fulconis/Awely

Les Casquettes rouges prennent des points GPS et des photos. Ces informations viennent alimenter la base de données conflits d’Awely, aujourd’hui nourrie de plusieurs milliers d’enquêtes. Un travail préliminaire permettant de trouver les solutions les plus appropriées pour les hommes, mais aussi pour les animaux souvent victimes de représailles. Des solutions allant de la mise en place de mesures de surveillance des cultures et du bétail à la construction de barrières, en passant par la production de plantes alternatives n’attirant pas les herbivores et génératrice de revenus.

Les Casquettes vertes, préserver les espèces menacées grâce à des alternatives économiques viables

Sur le marché de Basankusu, RDC, Geneviève, Casquette verte, avec des vendeuses de viande de brousse.

Sur le marché de Basankusu, RDC, Geneviève, Casquette verte, avec des vendeuses de viande de brousse. © R Fulconis/Awely

Les Casquettes vertes pour leur part, travaillent dans des écosystèmes où la pression humaine a des conséquences négatives, en particulier pour des espèces emblématiques et très menacées. Awely coordonne des programmes de ce type en République Démocratique du Congo, pour les bonobos, et au Népal pour les tigres.

Dans le premier cas, l’équipe locale mène, sur une zone de programme dépassant les 15.000 km2, des enquêtes sur la situation de la viande de brousse dans l’habitat naturel des bonobos. Ces grands singes sont en effet chassés, mangés ou vendus et les résultats obtenus constituent la base solide pour initier les actions les mieux adaptées et bien choisir les groupes cibles avec lesquels travailler.

Awely œuvre sur le long terme afin de proposer aux chasseurs comme aux vendeuses de viande, des alternatives économiques allant dans le sens du développement durable. Pas question d’interdire la chasse, mais plutôt de proposer une activité raisonnée, ne mettant pas en péril les espèces menacées, et les bonobos en particulier. En complément, les chasseurs développent l’élevage de volailles, chèvres et à présent lapins alors que les vendeuses de viandes se lancent, avec notre soutien, dans la mise en place de micro-commerces.

Miser sur le soutien et la pédagogie

L’équipe de l’organisation suit et encadre l’ensemble des initiatives telles que, pour les femmes, la vente de carburant, de pain ou de savon, ou encore la création de mini-pharmacies de village. Celles-ci voient parfois le jour grâce à l’octroi d’un micro-crédit. Au sud-est du Népal, c’est également par le développement d’activités économiques destinées à limiter la pauvreté, qu’Awely contribue à limiter la pression sur les ressources naturelles de la réserve de faune de Suklaphanta, au bénéfice des tigres. Dans aucun cas nous n’assistons, mais encourageons et soutenons plutôt les initiatives.

L’ensemble des programmes bénéficie par ailleurs de nombreux outils pédagogiques adaptés, et réalisés dans les langues locales. Livrets, posters, films, animations, théâtre de rue ou de marionnettes font partie des supports réalisés par Awely. Ils facilitent la diffusion de messages sur l’importance de la conservation de la biodiversité et le développement durable auprès des groupes déjà impliqués dans des actions de développement.

L’organisation travaille actuellement au développement d’un nouveau programme qui aura lieu en bordure de la réserve du Dja, au Cameroun. Celui-ci sera au bénéfice des gorilles et, comme à chaque fois, des populations locales partageant le même environnement.

Auteur : Renaud Fulconis, Directeur-Fondateur d’Awely

Pour plus d’informations : www.awely.org

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