Espèce en danger selon le livre rouge de l’UICN, la tortue caouanne, Caretta caretta, présente des populations africaines encore mal connues. Un site important de nidification d’un cheptel estimé à 3 200 femelles se situe sur l’île de Boa Vista (archipel du Cap Vert) mais celles-ci, malgré un bon projet de conservation, sont encore massacrées. Sa recherche de proies parmi les bancs de poissons et crevettes en fait une victime fréquente des palangres et des chaluts.

tortue caouanne

Vue latérale d’une caouanne © ukanda sur Flickr

La zone de croissance de ces tortues nées en Amérique du Nord se situe dans les eaux macaronésiennes. La nidification africaine régulière est connue dans l’archipel du Cap Vert, au Natal et Tongaland (Afrique du Sud) et au Mozambique. Des pontes sporadiques sont notées en Afrique de l’Ouest (record septentrional : baie de Tanit, 18°60 N), peut-être dans les régions congolaise et angolaise, à Zanzibar, et au sud de Madagascar. L’espèce plutôt côtière des eaux chaudes et tempérées, trouve un refuge dans des crevasses sous-marines. Les femelles se dispersent, après la période de reproduction, vers des aires alimentaires.

Biologie et identification de la caouanne

Le régime alimentaire de cette tortue, exclusivement carnivore, est composé d’éponges, de poissons, de crabes et autres crustacés, d’oursins, d’huîtres, de gastéropodes. Ses becs puissants lui permettent de broyer des proies très dures. Chaque femelle pond en général tous les 2 à 4 ans, par dépôt de 1 à 6 pontes par saison, à une quinzaine de jours d’intervalle. Chaque ponte comprend en moyenne 110 œufs (maximum : 190).

La caouanne adulte mesure de 70 cm à 1,15 m pour un poids d’environ 75 kg. Le nouveau-né mesure en moyenne 4,5 cm pour un poids de 20 g.

La dossière de cette tortue est plutôt plate et cordiforme, fuselée postérieurement, s’allongeant avec l’âge. Ses plaques sont juxtaposées, certaines vertébrales pourvues d’un tubercule chez les jeunes. Deux griffes sont visibles aux pattes antérieures. Sa dossière est de couleur orangée, brun rougeâtre ; les parties supérieures des membres et de la tête sont gris brun à rouge brique ; les parties inférieures jaune orangé.

Auteur : Jacques Fréteypour le Manuel des aires protégées d’Afrique francophone (extrait)

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