Le chacal doré est une espèce peu chassée, très adaptable, très opportuniste, qui ne souffre pas trop des perturbations apportées par l’Homme aux milieux naturels. Il est bien répandu sur l’ensemble de son aire de répartition et son avenir ne provoque pas d’inquiétude. La Liste rouge de l’UICN l’indique dans la catégorie «préoccupation mineure».

chacal doré

Chacal doré en Tanzanie. © Lee R. Berger

Les chacals dorés rendent de grands services en mangeant les déchets et les cadavres d’animaux aux alentours des villes et des villages. Ils participent aussi à la régulation des rongeurs. En revanche, ils causent parfois des dégâts dans les cultures de maïs, de canne à sucre et de pastèques. Beaucoup plus rarement, ils peuvent s’en prendre aux volailles et aux ovins.  On leur reproche souvent d’être l’un des principaux vecteurs de la rage. Les chacals sont souvent tués dans les pièges et à l’aide de cadavres empoisonnés, dans le cadre de campagnes visant à éradiquer tous les petits carnivores, particulièrement en Afrique du Sud et en Namibie. Il n’y a pas d’utilisation commerciale notable du chacal doré en Afrique.

Le chacal doré s’adapte bien à l’envahissement des milieux naturels par les activités humaines. Ceci étant, trop de promiscuité finit par dégénérer en conflits, et les interactions avec les chiens entraînent une recrudescence de la rage et des problèmes de pollution génétique.

L’espèce se répartit en Afrique, essentiellement au nord de l’équateur. On la retrouve également dans le sud-ouest de l’Asie, jusqu’en Inde. Son habitat de prédilection est constitué de tous types de savanes, steppes et régions désertiques.

Un animal soumis à de nombreuses maladies

La rage et la maladie de Carré sont les maladies auxquelles les chacals dorés sont le plus sensibles, encore que l’incidence soit moins forte que pour d’autres espèces de chacals (du moins en Afrique). Les chacals dorés se révèlent souvent positifs à la parvovirose, à l’herpès canin, au coronavirus et à l’adénovirus canin, mais l’influence sur leur mortalité ne paraît pas considérable. Chez les populations à forte densité, la gale sarcoptique est assez commune.

Des chacals sont régulièrement tués sur les routes mais moins fréquemment qu’en Inde, certainement à cause du réseau routier beaucoup moins dense.

Quelques mots sur la biologie du chacal doré

Habituellement nocturne, on le rencontre aussi durant la journée, notamment lorsque le temps est frais. Le chacal doré, Canis aureus, vit le plus souvent en couple généralement formé pour la vie. Les deux partenaires défendent ensemble un territoire qu’ils marquent de substances odorantes. Souvent, les jeunes restent sur le territoire de la famille pour aider à l’élevage de la portée suivante. Les chacals poussent souvent en choeur un jappement aigu, notamment au crépuscule.

Leur nourriture est très variée : petites proies jusqu’à la taille d’un lièvre ou d’une poule, insectes, fruits, charognes et autres détritus. La femelle met au monde de deux à neuf petits après 60 jours de gestation, la maturité sexuelle est atteinte à 11 mois.

Le chacal doré ressemble à un renard avec une queue plus modeste et un poil rêche qui a tendance à être ébouriffé. Comme chez tous les chacals, le mâle est un peu plus grand que la femelle.

Auteur : Michel Louis, pour le Manuel des aires protégées d’Afrique francophone (extrait)

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