Le rapport intitulé « Le changement climatique » élaboré par l’Académie des sciences est paru hier, jeudi 28 octobre 2010. Commandé par Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, il avait pour objectif de trancher la polémique sur l’origine du changement climatique soulevée par les climato-sceptiques.Il réaffirme que la hausse des émissions de CO2, liée aux activités humaines est la cause principale du réchauffement.

Recul du glacier Smorstabreen en Norvège. © Francis Walter

Recul du glacier Smorstabreen en Norvège. © Francis Walter

Le rapport reconnaît sans équivoque le rôle prépondérant du CO2 dans le réchauffement climatique de 1975 à 2003. L’activité humaine est responsable de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. N’en déplaise aux voix qui se sont élevées contre le consensus scientifique, « l’activité du Soleil ne peut être le facteur dominant de ce réchauffement », selon ce rapport. En effet, l’énergie totale rayonnée par le Soleil a « légèrement décru en moyenne depuis 1975», ajoute-t-il. Ainsi, son influence « ne peut être dominante dans le réchauffement observé sur cette période ». En tout état de cause, ce rapport précise que cette influence est « dix fois plus faible que celle due à l’augmentation de l’effet de serre lié aux activités humaines ».

Les « grandes questions »  du changement climatique sont tranchées. Ainsi, une hausse de la température de la surface sur la Terre est bien estimée à 0.8°C depuis 1870, l’incertitude étant de 0.2°C. De même, la température des océans augmente depuis quelques décennies. Les glaces océaniques arctiques, les glaciers continentaux, mais également les calottes polaires de l’Antarctique et du Groenland reculent. La conséquence première est une élévation du niveau moyen des océans, renforcé par la dilatation de ces masses d’eau consécutive au réchauffement. Cette hausse est estimée à 3.4 mm/an depuis 1992.

Un sérieux reconnu

Le rapport va au-delà de la simple reconnaissance de la qualité des études menées par les laboratoires de climatologie. Il valide aussi le sérieux des méthodes utilisées pour évaluer le réchauffement : l’étude des climats du passé, la mise au point de modèles et le lancement de grands programmes d’observation à l’échelle internationale.

Pour valider un modèle, une batterie de tests est définie. Ainsi, des comparaisons avec les données d’observation sont menées sur un grand nombre de paramètres, contrairement à ce que proclamait Claude Allègre, dans « L’imposture climatique ». Si des incertitudes sont belles et bien reconnues, le rapport conclut que « les projections de l’évolution climatique sur 30 à 50 ans sont peu affectées par les incertitudes sur la modélisation des processus à évolution lente ». Les projections sont donc particulièrement utiles pour répondre aux préoccupations grandissantes des populations.

L’accord de Claude Allègre

Le rapport de l’Académie des sciences a été accepté à l’unanimité de ses membres, Claude Allègre compris. L’ex-ministre, le plus médiatique des climato-sceptiques français a signé le document, en précisant tout de même que sa position n’évoluait pas.

Ce rapport de l’Académie des sciences est une synthèse du débat sur le climat du 20 septembre 2010, organisé par l’Académie, dans lequel 120 scientifiques français et étrangers ont participé. Ce débat s’est déroulé en parallèle du processus lancé par le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, qui a saisi l’InterAcademy Council en vue d’une analyse scientifique approfondie et indépendante des méthodes et conclusions du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC).

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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