La République du Congo et IFAW réagissent face au braconnage © Han van Hoof

Plus de 30 cadres de la République du Congo issus des services gouvernementaux de la protection de la faune sauvage, de l’économie forestière, des douanes, de l’armée, de la sécurité du territoire, de la gestion portuaire et de la justice ont débuté hier, lors de la journée mondiale de l’environnement, un atelier national de trois jours à Brazzaville, visant à renforcer leurs compétences et leur capacité à lutter contre le commerce illégal de l’ivoire.

Cet atelier fait suite à une enquête financée par le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) et diligentée en décembre 2011 par les autorités de Brazzaville, de Pointe Noire et d’Ouesso, laquelle démontrait qu’en dépit du dispositif judiciaire et répressif existant, les autorités congolaises étaient confrontées à la persistance de marchés illicites d’ivoire principalement destinés à une clientèle asiatique.

Cet atelier de perfectionnement à la prévention contre le commerce illégal de l’ivoire conjointement organisé par le Ministère du Développement durable, de l’Economie forestière et de l’Environnement du Congo et IFAW s’adresse en priorité aux agences de lutte contre la criminalité faunique. Il abordera le rôle des marchés domestiques non réglementés dans le trafic international de l’ivoire, la problématique associée de l’implication des réseaux criminels et les moyens permettant d’endiguer les marchés illicites domestiques en renforçant la coopération inter-agences.

Lors de la cérémonie d’ouverture, Madame Antoinette Nkabi, Conseillère à la Faune et aux Aires protégées du MDDEFE a déclaré que « le marché florissant de l’ivoire entraîne aujourd’hui une recrudescence du braconnage de l’éléphant qu’il convient donc d’éradiquer afin de conserver la biodiversité dont l’importance n’est plus à démontrer ».

Dans son allocution, Mr. T. J. Chris Zekakany, Procureur de la République de Brazzaville adjoint a requis « d’imposer une guerre juridique aux trafiquants qui animent une guerre braconnière ». Dans cette perspective, ce dernier a déclaré : « j’avance et je soutiens l’idée de la création dans notre sous-région, d’un réseau de procureurs ».

Céline Sissler-Bienvenu, Directrice France et Afrique francophone d’IFAW a tenu, quant à elle, à rappeler que « la République du Congo peut être soit un point de départ du trafic d’ivoire, soit un point de transit. Les marchés domestiques d’ivoire non réglementés entretiennent – voire stimulent – le commerce illicite international de l’ivoire. Il est par conséquent primordial de ramener ces marchés sous contrôle, de les éradiquer et de concevoir des solutions pour endiguer ce crime qui met en péril la survie des éléphants. »

Le niveau du braconnage des éléphants connaît une augmentation alarmante qui menace l’existence-même de certaines populations d’éléphants en Afrique Centrale comme en témoigne le récent massacre de plusieurs centaines d’éléphants en début d’année au sein du Parc national de Boubanjida au Cameroun.

Les organisations criminelles utilisent des méthodes complexes qui changent constamment afin de rester à l’abri du spectre de surveillance des agences gouvernementales et entretenir ainsi un commerce lucratif principalement stimulé par la demande en Asie et au Moyen-Orient. Ceci rend impérieuse la nécessité de sensibiliser tous les acteurs à une plus grande coopération afin de lutter efficacement contre le trafic de l’ivoire, depuis le terrain jusqu’aux Cours de justice.

Des séminaires de prévention contre le trafic des animaux sauvages ont été organisés par IFAW d’ores et déjà dans de nombreux pays que ce soit en Afrique, au Moyen-Orient, en Océanie ou dans les Caraïbes. À ce jour, plus de 1 300 représentants gouvernementaux aux avant-postes de cette lutte ont été formés depuis 2006.

Auteur : Fonds international pour la protection des animaux


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