Deux ans après la COP21 et l’Accord de Paris, la COP23 s’est ouverte ce lundi à Bonn en Allemagne. Les pays devront redoubler d’efforts pour relever l »ambition de leurs engagements. Une condition nécessaire pour se mettre sur la route des 2°C.

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Des enfants adressent leur message aux négociateurs lors de l’ouverture de la COP23. PHOTO//ONU Climat

À Paris, les pays se sont engagés à limiter le réchauffement climatique bien en-deça de 2°C et de s’efforcer de limiter cette augmentation à 1,5°C d’ici 2100. Mais tous les indicateurs sont au rouge. L’ONU rappelle que les engagements mis sur la table mettent la planète sur la trajectoire d’un réchauffement d’au moins 3°C. Et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a profité de cette ouverture pour annoncer que l’année 2017 devrait se classer parmi les trois années les plus chaudes jamais enregistrées. Aussi, la période 2013-2017 est bien partie pour constituer la période de cinq ans la plus chaude jamais enregistrée. La COP23 doit donc aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite.

La COP23, une action des acteurs étatiques et non-étatiques

La conférerence veut être le mirroir de la coopération et de la coordination internationale. Car si la COP23 est organisée à Bonn par l’ONU Changements Climatiques, elle est présidée par les Fidji. L’organisation et la logistique sont soutenues par le gouvernement allemand, la région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et la ville de Bonn.

À ce jour, 169 Parties ont ratifié l’Accord de Paris. En appui aux plans d’action climatiques nationaux, la Conférence sera aussi l’occasion d’engager les villes, les états, les régions, les territoires, les entreprises et la société civile. Les intervenants reflètent cette diversité d’acteurs. Près de 20 dirigeants sont attendus, dont Emmanuel Macron et Angela Merkel. Mais se succéderont aussi à la tribune Arnold Schwarzenegger, Anne Hidalgo et l’astronaute Thomas Pesquet. Ou encore le PDG d’Unilever Paul Polman et l’explorateur de Solar Impulse Bertrand Piccard.

« La COP23 de Bonn va montrer au monde les deux visages du changement climatique – un premier, positif, déterminé, inscrit dans une dynamique exaltante par tant de gouvernements et un nombre croissant de villes, d’États, d’entreprises, de personnalités de la société civile et d’agences des Nations Unies, en cohérence avec les ambitions et les objectifs de l’Accord de Paris, a rappelé Patricia Espinosa, Secrétaire exécutive de l’ONU Changements Climatiques. Un second, à l’épreuve de la réalité. Le thermomètre des risques est en hausse ; le pouls de la planète palpite ; des gens souffrent ; la fenêtre d’opportunité se referme et nous devons tous ensemble aller plus loin et plus rapidement pour porter l’ambition et l’action sur un palier supérieur et décisif »

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COP23, la COP de l’action pour éviter les points de bascules

Le premier objectif de la COP 23 est de poursuivre le processus de négociations pour élaborer les règles d’application de l’Accord de Paris. Elles seront adoptées lors de la COP24, qui se tiendra en Pologne fin 2018. Il s’agit notamment d’harmoniser les informations délivrées et les modes de comptabilité ou le périmètre des émissions mondiales concernées qui entrera en vigueur en 2023. Le dialogue devra aussi favoriser la transparence en matière d’action et de soutien. Il détaillera comment les gouvernements mettront en oeuvre leurs Contributions Déterminées au Niveau national (NDC) et comment celles-ci seront contrôlées. Les négociateurs devront aussi se pencher sur une autre question capitale qui piétine: la promesse des 100 milliards de dollars de soutien aux pays en développement d’ici 2020.

Pour augmenter l’ambition, les pays vont lancer le dialogue de Talanoa. Ce processus de dialogue sera maintenu tout au long de l’année 2018 pour aboutir aussi à la COP24. Il permettra de dresser le premier bilan mondial des efforts collectifs d’atténuation des émissions. L’objectif sera bien de rehausser l’ambition des NDC entre 2019 et 2020 pour réajuster la trajectoire des émissions mondiales.

Enfin, la COP23 sera l’occasion de poursuivre les initiatives de l’Agenda de l’action. Des journées thématiques sont consacrées aux secteurs stratégiques pour l’action climatique : les énergies renouvelables, l’agriculture, les transports, les forêts, la gestion de l’eau, la finance et l’innovation. De nouvelles initiatives mondiales d’action pour le climat seront aussi lancées. Notamment, une initiative de l’ONU sur la santé et les petites îles, mais aussi une plateforme  pour accompagner l’engagement auprès des collectivités locales et des peuples autochtones . Il y aura aussi un vaste plan d’action sur l’égalité entre les sexes et un projet mondial visant à offrir une couverture d’assurance abordable à 400 millions de personnes pauvres et vulnérables supplémentaires.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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