La COP23 s’ouvre à Bonn, alors que l’année a été marquée par des phénomènes météorologiques extrêmes qui ont dévasté des millions de personnes en Asie, dans les Amériques, aux Caraïbes, mais aussi en Europe. La COP23 est présidée cette année par les Fidji, premier petit État insulaire en développement à jouer ce rôle.

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Plusieurs ouragans ont dévasté des régions entières en 2017. PHOTO//Pixnio

« La souffrance humaine causée par l’intensification des ouragans, des incendies, des sécheresses, des inondations et des menaces à la sécurité alimentaire causées par le changement climatique signifie qu’il n’y a pas de temps à perdre », estime Frank Bainimarama, le Premier ministre de Fidji, qui prend la présidence de la COP23. De nombreux événements climatiques extrêmes se sont succédé en 2017. Des catastrophes qui invitent les pays à redoubler d’efforts pour se mettre sur la route des 2°C. Présidentes de cette nouvelle édition, les Îles Fidji ont elles-mêmes été confrontées en 2016 à un cyclone meurtrier.

L’initiative Compte à rebours du Lancet est formelle : les catastrophes liées aux conditions météorologiques ont augmenté de 46 % depuis 2000. Pour la seule année 2016, les pertes économiques causées par des événements climatiques se sont élevées à 129 milliards de dollars. 99 % de ces dommages sont causés dans des pays à faible revenu et non assurés. Et selon l’observatoire des catastrophes et des risques naturels, 13.191 événements ont été recensés depuis 2001. La France est particulièrement concernée du fait des 1.600 épisodes survenus sur l’intégralité du territoire.

Des catastrophes naturelles en Europe

L’été 2017 a été marqué par les incendies du bassin méditerranéen. Ceux-ci ont causé l’évacuation forcée de plus de 20.000 touristes. La situation a été particulièrement dramatique au Portugal. Au début de l’été, plusieurs feux de forêts avaient déjà fait 60 victimes. En Octobre, attisés par l’ouragan Ophélia, plus de 700 départs de feux ont causé la mort de 41 personnes dans le nord du pays. Le gouvernement a estimé les pertes dans la région de Pedrógão Grande à environ 497 millions d’euros. Ophélia a également fini par toucher l’Irlande, faisant trois morts. Cet ouragan de catégorie 3 a été le plus fort à frapper l’Irlande depuis 50 ans. Bien qu’Ophélia ait perdu de la puissance dans sa course, le pays a vécu des orages sans précédent. Le coût des dégâts est estimé entre 500 et 800 millions d’euros selon les assurances.

A côté des incendies, onze pays du sud et du centre de l’Europe ont connu d’importantes vagues de chaleur durant l’été dépassant les 40°C. La circulation des poids lourds était interdite, et les viticulteurs italiens ont dû anticiper leurs récoltes. De telles températures sont évidemment extrêmement dangereuses pour l’homme. Les scientifiques estiment qu’actuellement les canicules estivales causent 3.000 décès par an en Europe. Si rien ne change, ce chiffre pourrait atteindre les 15.000 à la fin du siècle.

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Des inondations et des ouragans violents dans le reste du monde

Si l’Europe souffre de la sécheresse, d’autres régions du monde sont souvent inondées. En avril dernier, des précipitations ont causé inondations et glissements de terrains entre la Colombie, l’Équateur et le Pérou. Plus de 1,3 million de personnes ont été touchées, 90 ont perdu la vie au Pérou. 700.000 Péruviens se sont retrouvés sans abris. Le gouvernement a estimé que les reconstructions prendraient cinq ans et coûteraient 9 milliards de dollars. En Colombie, les coulées de boues ont causé le décès de 200 victimes. En septembre, les ouragans Harvey et Irma ont fait plus de 200 morts aux États-Unis et dans les Caraïbes. Ensuite, l’ouragan Maria a tué au moins 48 personnes à Porto Rico. D’autres chiffres avancent même que les victimes tuées pourraient être en réalité 450. L’accès à l’énergie et à l’eau potable n’était toujours pas rétabli un mois après le passage des ouragans.

Les inondations connues en Asie du sud-est sont aussi d’une violence rare. Cet été, plus de 1.200 personnes ont perdu la vie en Inde, au Bangladesh et au Népal. On estime qu’entre 30 et 40% des personnes décédées sont des enfants. Les dérèglements météorologiques ont malheureusement des impacts directs sur l’accès à l’école. Les pluies diluviennes ont dévasté environ 18.000 établissements scolaires, privant ainsi 1.8 million d’élèves de cours. Mais ces jeunes victimes ne sont pas les seules. Selon l’ONU, 41 millions d’habitants de cette zone auraient été affectés par ces pluies torrentielles. Les exploitations agricoles sont également en danger. Dans les trois pays précédemment cités, 2.4 millions de terres cultivées ont été réduites à néant en 2017.

Auteur : Chaymaa Deb, journaliste du webzine Natura-sciences.com


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