Comment le citoyen peut-il concrètement agir pour diminuer son impact environnemental? Fondateur de Natura-sciences et auteur de « Consommez écologique – Faits et gestes » (Sang de la Terre), Matthieu Combe nous invite à revoir nos choix de vie, d’achat ou de contrat pour améliorer la situation, au-delà des simples « éco-gestes » généralement véhiculés. Tribune.

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La pollution sur notre planète est généralisée. Les polluants chimiques dus à notre surconsommation se retrouvent dans l’air, l’eau et les sols.

La pollution de la planète est généralisée. L’exemple de la pollution des océans par les micro-fragments de plastique est symptomatique d’une société qui n’arrive plus à gérer l’ensemble de ses déchets. La pollution par les perturbateurs endocriniens et les polluants organiques persistants est aussi mondialisée. On les retrouve aujourd’hui dans l’air, l’eau et les sols. Mais aussi dans les poussières de nos maisons et même dans notre sang.

Bien évidemment, personne ne choisirait de vivre dans un environnement pollué s’il avait une bonne alternative. Nous préférerions manger des produits sains, boire de l’eau non polluée et respirer un air pur. Et pourtant, chaque jour, nous participons à accentuer cette pollution.

Mais qui catalyse cette pollution ?

La pollution est due à notre mode de vie, à nos modes de consommation et aux pratiques agricoles… que nous soutenons en recherchant des prix toujours plus bas. L’Homme est le catalyseur de cette pollution ! Et tous les jours nous entretenons ce cercle vicieux. Il est pourtant possible de choisir des produits alternatifs présentant un moindre impact environnemental.

Des liens étroits existent entre notre mode de vie et la pollution. Lorsqu’on les comprend, il est possible d’appliquer des solutions simples au quotidien. Le recyclage et la baisse de notre consommation en sont la base. Pour diminuer notre impact sur les ressources naturelles et les rejets liés à la fabrication de nos équipements du quotidien, il faut notamment résister à la surconsommation de gadgets électroniques et éviter le suréquipement. Faut-il vraiment que chaque membre du foyer possède sa propre tablette électronique ?

L’alimentation, premier poste à analyser

Durant mes recherches pour Consommez écologique – Faits et gestes, je me suis longuement intéressé à la question de l’alimentation. J’ai alors compris toute l’importance de manger bio, solidaire, local et de saison. Dans ce livre, je décrypte aussi l’importance de surveiller sa consommation de viande et de poisson. Car l’alimentation de ces animaux a un impact direct sur des populations à l’autre bout de la planète, amplifie le réchauffement climatique et la déforestation.

La France importe des tourteaux de soja génétiquement modifiés, majoritairement en provenance d’Amérique du Sud, pour nourrir nos animaux d’élevage. Parallèlement, nous importons des fruits et légumes provenant de grandes monocultures où la main-d’oeuvre est bon marché. Cela est le coût social à accepter pour avoir des prix « cassés » dans nos hypermarchés. Cette réalité se retrouve dans d’autres domaines : par exemple, nos textiles et nos appareils électroniques sont fabriqués à la chaîne en Asie par une main-d’œuvre bon marché, parfois même des enfants. Les usines y sont rarement aux normes et rejettent directement les effluents dans les fleuves qui fournissent l’eau potable aux habitants des alentours.

Economiser l’énergie, ce n’est pas qu’éteindre les appareils en veille

Du côté de la consommation énergétique, s’équiper de prises multiples avec interrupteur pour ne pas laisser les appareils en veille ne suffira pas. Il faudra surtout rénover thermiquement son logement et veiller à la température de chauffage en hiver. Du côté des équipements, il faudra s’équiper d’ampoules LED et d’électroménager performant présentant une étiquette énergétique A+++. Pour favoriser la transition énergétique vers les énergies renouvelables, vous pouvez installer des panneaux solaires, une petite éolienne, et choisir un fournisseur d’électricité « verte » tel qu’Enercoop, Planète Oui ou Lampiris.

Lorsque leurs équipements électriques et électroniques tombent en panne, les Français ont la fâcheuse tendance de les stocker dans leur cave ou leurs tiroirs. Ramenons-les plutôt en magasins ou déposons-les en déchetteries pour assurer leur recyclage dans les normes. Ainsi, ils ne seront pas incinérés ou enterrés et ne reviendront pas nous intoxiquer d’une façon ou d’une autre.

Diminuer la pollution à tous les niveaux

Pour diminuer notre exposition à la pollution, il est possible d’acheter des cosmétiques et des produits ménagers plus naturels. Et d’éviter d’acheter des textiles contaminés. Il existe plusieurs garanties sérieuses pour nous aider dans ce choix. Pour les produits d’entretien, il y a l’écolabel européen ou NF Environnement. Du côté des cosmétiques, on s’orientera vers Ecocert, Cosmébio ou Nature et Progrès. Et pour les textiles, Global Organic Textile Standard (GOTS) et Oeko-Tex Standard 100. Enfin, pour les produits de construction et de décoration, privilégions les produits présentant une étiquette d’émissions dans l’air intérieur de note A+.

Si nous sommes prêts à suivre quelques éco-gestes bien connus, nous sommes plus frileux à l’idée de changer radicalement notre consommation. Ainsi, selon le Water Foot Print, 4.650 litres d’eau sont nécessaires pour produire un steak de bœuf de 300 g et 3.600 litres pour un kilogramme de poulet. Dans un autre domaine, 2.700 litres d’eau sont utilisés pour fabriquer 1 tee-shirt en coton et 11.000 litres d’eau pour un jean. Ici, on comprend bien que fermer le robinet chez soi ou prendre une douche plutôt qu’un bain, ne suffira pas pour « sauver » l’humanité. Pour jouer vraiment un rôle, il faut plutôt baisser sa consommation, par exemple, de céréales, de viande et de textile… Ttout en continuant les éco-gestes, car cela ne fait de mal à personne !

Enfin, concernant la mobilité et en attendant de pouvoir recharger notre future hybride, notre voiture propulsée à l’hydrogène, au biométhane ou à l’énergie électrique d’origine renouvelable, privilégions l’autopartage et les mobilités douces. En ville, les pics de pollution sont principalement dus aux voitures, au chauffage et à l’agriculture. N’oublions pas que ces pics révèlent, en absence de vent, la pollution diffuse qui nous empoisonne quotidiennement. Pour diminuer cette pollution, nous pouvons tous chauffer moins et réduire nos déplacements en voiture.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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