Brune Poirson a conclu les Assises des déchets à Nantes le 28 septembre. Elle y a présenté la méthode et le calendrier d’élaboration de la feuille de route pour répondre aux objectifs du Plan Climat sur l’économie circulaire. 

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Brune Poirson lance une concertation nationale sur l’économie circulaire. © Annika Haas (EU2017EE)/PHOTO Officielle

Concernant la gestion des déchets, le Gouvernement doit répondre à deux objectifs phares de son Plan Climat présenté en juillet dernier. D’une part, il faudra diminuer de moitié la mise en décharge des déchets d’ici 2025. De l’autre, atteindre un recyclage de 100% des plastiques à ce même horizon. Si cet objectif est jugé irréaliste par les professionnels du recyclage, le Gouvernement persiste. Comment y parvenir? Le Plan Climat présenté en Juillet dernier prévoit la publication début 2018 d’une feuille de route sur l’économie circulaire.

Pour atteindre ces objectifs, Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, a choisi les Assises des déchets de Nantes pour présenter la méthode et le calendrier d’élaboration de cette feuille de route. Les citoyens, les associations, les collectivités et les entreprises seront largement mis à contribution.

Une feuille de route sur l’économie circulaire

Les leviers à activer pour répondre aux objectifs sont multiples. Brune Poirson reconnait qu’il faudra créer de nouveaux débouchés pour les matières recyclées. Mais aussi mobiliser les fonds d’investissement pour qu’ils investissent dans des systèmes de collecte et des centres de tri modernes. Bruno Poirson voit « le développement d’une véritable culture en France de l’économie pour les entreprises et les consommateurs ». Et elle imagine la possibilité de ne mettre sur le marché que « des produits éco-conçus et facilement recyclables ».

La ministre imagine aussi une fiscalité nouvelle qui sera « incitative et cohérente avec les objectifs fixés ». Car les signaux économiques actuels ne sont pas bon. « Il faudra réorienter les investissements de la mise en décharge et des incinérateurs vers le recyclage », prévient-elle. Pour cela, les taxes portants sur ces dernières seront revues à la hausse d’ici la fin du quinquennat. Il faudra aussi lever les verrous réglementaires à l’utilisation des matériaux recyclés.

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Une large concertation pour établir la feuille de route

Concrètement, toutes les parties prenantes seront reçues à Paris le 24 octobre. La réunion lancera formellement les travaux d’élaboration de la feuille de route qui devront aboutir au premier trimestre 2018. Un panel d’ambassadeurs de l’économie circulaire sera associé à cette concertation pour identifier les solutions innovantes et contribuer à diffuser les bonnes pratiques. Il formulera des recommandations pour élaborer la feuille de route. Des personnalités comme Ellen McArthur, Thierry Kuhn, Président d’Emmaüs France et Emmanuel Fabert, PDG de Danone, ont déjà accepté d’y prendre part.

Fin octobre, une plateforme collaborative sera lancée pour recueillir les attentes et les propositions concrètes des citoyens. Des séances de travail seront aussi organisées pour faire émerger des solutions pour changer les comportements de tri. Par ailleurs, pour valoriser les données issues du Ministère et de l’ADEME sur la production des déchets, un « hackaton » sera organisé. Dans l’espoir de donner naissance à de nouvelles start-up de la greentech.

« L’économie circulaire, c’est le meilleur exemple possible de réconciliation entre l’économie et de l’écologie », a assuré Brune Poirson. Un secteur qui touche de très près à l’économie sociale et solidaire qui compte plus de 500.000 emplois, et est l’un des rares en croissance. Devant les professionnels du recyclage rassemblés dans la Cité des Congrès de Nantes, elle y a rappelé les bénéfices environnementaux capitaux du secteur. Notamment, le recyclage des déchets évite l’émission de 22,5 millions de tonnes de CO2 chaque année en France. Soit l’équivalent de 5% des émissions totales de la France. Et le recyclage d’une tonne de déchets créerait 30 plus fois plus d’emplois que de la mettre en décharge.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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