Ce mardi 20 août, c’est l’ « Earth Overshoot Day », date symbolique où l’humanité entre en période de dette écologique. Nous avons déjà consommé toutes les ressources naturelles que la terre pouvait nous fournir en un an. Jusqu’à la fin de l’année, nous consommerons à crédit sur la qualité de l’air, des sols et de l’eau, épuiserons les stocks de ressources naturelles sans les renouveler et accumulerons les gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

empreinte écologique

Ce mardi 20 août, c’est l’ « Earth Overshoot Day », date symbolique où l’humanité entre en période de dette écologique. © MP creaction

La belle époque où la nature pouvait se régénérer et supporter la consommation de l’Homme est finie. Depuis environ 30 ans, l’humanité vit au-dessus de ses moyens, pollue l’atmosphère et épuise les ressources naturelles à un rythme trop important pour que la planète puisse assurer leur renouvellement.

En l’espace d’une génération, nos modes de vie ont bouleversé des équilibres millénaires : l’explosion démographique, l’urbanisation, le développement des transports, la mondialisation ont conduit a la fois au réchauffement climatique et a l’accumulation de la pollution dans l’atmosphère. Nous n’étions que 2,5 milliards d’humains en 1950. Depuis, notre mode de vie s’est profondément transforme et nous sommes à présent plus de 7 milliards !

Le budget « nature » de la planète épuisé au 20 août

Tous les ans, l’ONG Global Footprint Network calcule le « jour du dépassement » : le jour où la consommation en ressources naturelles de l’humanité dépasse ce que la planète est capable de produire en un an. Cette date symbolise ainsi un budget disponible épuisé pour l’année.

L’empreinte écologique est un bon indicateur pour avoir une idée de l’impact de notre mode de vie sur la planète. Elle représente les surfaces productives de terre et de mer nécessaires pour fournir à une personne les ressources qu’elle utilise et pour absorber les déchets qu’elle produit. A l’aide de ce concept, le rapport Planète vivante 2012 du WWF explique qu’il faudrait en tout quatre planètes si tout le monde consommait comme un Américain et trois planètes s’il n’y avait que des Français. En 2008, selon ce rapport, l’empreinte écologique mondiale était de 2,7 hectares mobilises par personne. La Terre n’offrait pourtant qu’une biocapacité de 1,8 hectare par personne.

Des empreintes écologiques variées

L’empreinte écologique mondiale dépasse donc la capacité de régénération de la planète de 50 %. Cela signifie que la surexploitation augmente et que les écosystèmes ne peuvent plus suivre. Les déchets et les pollutions s’accumulent donc dans l’air, la terre et l’eau. Aujourd’hui, plus de 80 % de la population mondiale vit dans des pays qui utilisent plus de ressources que ce que permettent les écosystèmes de leur territoire national. On les appelle les pays « débiteurs écologiques ». Ces pays détruisent soit leurs propres ressources naturelles soit celles des autres.

Ces moyennes cachent, cependant, des disparités très importantes. En effet, si tous les habitants de la planète vivaient comme un Indonésien moyen, nous n’aurions besoin que des deux-tiers de notre planète. S’ils vivaient comme un Argentin, nous aurions besoin d’une planète et demie, mais s’il n’y avait que des Américains moyens, il en faudrait quatre ! Si notre mode de vie continue à évoluer de la sorte, deux planètes seraient nécessaires a l’humanité vers le milieu des années 2030 pour pouvoir régénérer l’ensemble de ses besoins annuels. Comme cette deuxième planète n’est pas disponible, cela signifie que la pollution sera devenue catastrophique pour les différents écosystèmes sur notre planète.

Inverser la tendance ?

Réduire la consommation individuelle, l’exploitation des ressources ou la production de déchets aura pour résultat de réduire l’empreinte. Dans un monde déjà endetté écologiquement (et économiquement !), la croissance continue de la population et de l’empreinte individuelle n’est clairement pas une voie durable.

Pour diminuer son empreinte écologique, le WWF rappelle que de nombreuses solutions sont disponibles et permettent de s’attaquer au problème : diminuer sa consommation de viande, aménagement urbain, éco-constructions et éco-conceptions, réforme fiscale écologique, etc.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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