Découvrez le portrait des 4 « aventuriers » qui mutualisent leurs compétences en vue de l’expédition « 7e continent ». Pourquoi participent-ils à l’expédition ? Qu’en attendent-ils ? Réponses. Le bateau arrivera finalement à San Diego le 6 ou 7 juin prochain. Ensuite, le départ vers le 7e continent sera fixé en fonction des conditions météorologiques !

Patrick Deixonne

« L’exploration de la Terre continue encore aujourd’hui. Mais elle prend une nouvelle forme. Ces nouveaux explorateurs Français, dont je fais partie, ne cherchent plus à découvrir des terres inconnues ou des nouvelles tribus. Ils cherchent à découvrir et montrer l’impact de l’homme sur la nature » estime Patrick Deixonne Membre de la Société des Explorateurs Français et Chef de la Mission.

 Grâce aux images que l’expédition va ramener, il souhaite parvenir à changer les mentalités. « Toute personne touchée par une photo, un film ne se contente plus de la simple contemplation ; s’ensuit un questionnement, et sûrement l’envie d’agir », pense-t-il.

Patrick Deixonne a intégré  la Société des Explorateurs Français en 2009.  Il a participé à la première course transatlantique à la rame en solitaire et sans assistance qui relie le Sénégal et la Guyane. Cela lui a permis de mesurer l’impact de l’homme sur les océans. Il décide aujourd’hui d’apporter la preuve de l’existence de ce 7e continent et d’apporter une prise de conscience sur les comportements inconscients de nos sociétés de consommation.

Alain Dupont

Alain Dupont est ingénieur d’études à Annecy en France. Il est le contact privilégié des partenaires et des médias. Il tiendra le journal de bord quotidien. Il plongera également de façon à prendre des photographies, faire des prélèvements et déployer la bouée dérivante.

« Que ce soit en mer ou en montagne, l’évolution de ces milieux est frappante, même  à l’échelle humaine, et les dégradations sont visibles, que l’on soit sur un glacier à 3000m d’altitude, ou sur la plage d’une île lointaine. C’est ce qui m’a poussé à m’engager quand Patrick m’a sollicité, d’abord pour prendre en charge la partie relation media, et servir de relais en métropole. Et de fil en aiguille… », reconnaît-t-il.

Il attend beaucoup de cette expédition. « D’abord, d’un point de vue pédagogique, les écoles qui collaborent au projet sont un formidable moteur, et le message de lutte contre la pollution de première importance. En second lieu, le volet scientifique, avec l’appui du CNES et de l’ICAM, qui doit nous permettre de faire progresser l’état de nos connaissances, par le biais de nouveaux capteurs et des nouvelles technos, et le but ultime qui serait de pouvoir détecter ces poubelles plastiques depuis l’espace. Et, lié à tout cela, la communication : d’où notre souci de ramener des photos, des vidéos, des témoignages, afin de diffuser, de la manière la plus large possible, le message sur ce fléau », déclare-t-il.

« Le projet ne s’arrête pas avec le retour au port, il y aura toute la partie communication à finaliser (film, documentaire), les résultats à analyser, la recherche par le CNES, pour détecter et quantifier la pollution plastique, et toujours, le travail avec les élèves et l’éducation nationale », précise-t-il avant de se mettre à rêver « Et, pourquoi pas entreprendre d’autres missions, dans d’autres endroits impactés ? ».

Georges Grépin

Georges Grépin est biologiste et consultant en Guyane. Volontaire pour l’association OSL, il est chargé de la coordination scientifique. Il se chargera des prélever les microparticules de plastique, de photographier ces microparticules et la microfaune associée (plancton et necton).

 « Au Bangladesh, sur l’île de Sao-Tomé, en Guyane, et en bien d’autres endroits du monde où m’a amené mon travail de consultant en gestion environnementale, j’ai vu des plages envahies d’objets en plastique venus de très loin. Des objets anodins, mais qui tuent probablement de très nombreux animaux, de l’oiseau à la baleine, selon diverses constatations et études », témoigne-t-il. Grâce à l’expédition, il tient « à constater la situation dans le vortex du Pacifique nord, à réaliser des prélèvements, des mesures, et à témoigner de  la situation rencontrée. »

« Aujourd’hui, l’Amazone et les autres grands fleuves de la région drainent des bassins versants aux populations en croissance rapide : le « plastique » est,  très souvent, simplement jeté dans la nature…les pluies abondantes entrainent  tout ce qui flotte à la mer : les vortex du courant des Guyanes vont alimenter le grand vortex de l’Atlantique nord en déchets plastiques …Ces déchets se concentrent dans la fameuse « mer des Sargasses », un écosystème particulier où se reproduisent nombre d’animaux marins, dont les anguilles. Une « mer » sans rivages, autrefois très riche en thons. Qu’en est-il aujourd’hui ? Que pécherons-nous demain ? Y aura-t-il un risque de s’empoisonner en mangeant du poisson ? Bien des questions sans réponses aujourd’hui : nous les poserons et tenterons d’aider à  y répondre ! », explique-t-il.

Sean Palamy

Sean Palamy est le monteur infographiste de l’expédition. Sa mission est de réaliser un documentaire de 26 minutes, des petits documentaires et des spots éducatifs pour les écoles pour une meilleure sensibilisation.

« Je suis content de participer à une expédition comme celle là, parce que la lutte pour la protection de la planète, c’est important. J’ai passé toute mon enfance à Kourou avec mon frère, toujours très près de la mer : surf, bodyboard, pêche. Dans un pays neuf comme le nôtre, des prises de conscience et des changements de mentalités pourraient nous aider à évoluer plus sainement. Les projets éducatifs sont une bonne solution de lutte » estime-t-il. Après la mission, il aimerait en préparer une seconde !

Auteur : Matthieu Combe, en collaboration avec Ocean Scientific Logistic

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  • seffert corinne

    franchement les gars bravo.
    si j’étais riche, je me voyais partir avec un bateau usine de recyclage de la matière sur place.
    une mine de « ressources or dur » pour transformer l’ordure humaine.
    si vouliez d’une psycho- philo sophiste idéaliste et artiste à bord, je m’inscrirai volontiers dans cette aventure …
    en tout cas merci de commencer cette reflexion sur
    « et après on fait quoi ? » pcq c’est maintenant après. bon courage et bon voyage. cs

  • louis

    Vivement le film !