La CITES lutte (enfin) contre le commerce des ailerons de requins

Paru le 14.03.13 - Dernière modification le 01.08.14 - Pas de commentaires

Dans le cadre de la 16ème Conférence des Parties (CoP16),  la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) a décidé d’inscrire trois espèces de requins-marteaux (halicorne, grand et lisse), le requin océanique à pointe blanche (ou requin longimane) et le requin-taupe commun en Annexe II de la Cites.

ailerons requins

3 espèces de requins-marteaux (halicorne, grand et lisse), le requin océanique à pointe blanche (ou requin longimane) et le requin-taupe commun seront ajoutés en Annexe II de la Cites

Malgré l’opposition de plusieurs pays asiatiques, la proposition a été votée : cinq requins pêchés pour leurs ailerons sont enfin inscrits à l’annexe II de la Cites.[1] D’ici 18 mois, les pays exportateurs seront tenus de délivrer des permis d’exportation pour les cinq espèces, tout en assurant la survie de chacune, et s’exposeront à des sanctions dans le cas contraire. Ces requins rejoignent le grand requin blanc, le requin baleine, le requin pèlerin et le poisson-scie déjà inscrits sur la liste.

 « Nous sommes ravis que les Parties à la CITES aient décidé de combattre le commerce vorace des ailerons de requins, au nom duquel sont massacrés chaque année jusqu’à 100 millions de squales, et d’accorder une protection accrue à plusieurs espèces de requins », estime le Dr Ralf Sonntag, spécialiste des requins d’IFAW. « La proposition visant à inclure ces cinq espèces à l’Annexe II de la CITES permettra de réglementer le commerce international de leurs ailerons et de leur garantir une gestion biologiquement durable. » ajoute-t-il.

Des requins chassés pour leurs ailerons

Des espèces comme le requin-marteau ou le requin longimane figurent parmi les plus convoitées sur les marchés asiatiques, et notamment le marché noir. Le requin-taupe commun, contrairement aux autres espèces listées, est surtout prisé pour sa viande, très prisée des Européen, ses ailerons étant considérés comme un produit intéressant mais de moindre valeur.

Le rythme de reproduction du requin-marteau halicorne étant très lent, ses populations ne peuvent se reconstituer assez rapidement pour assurer leur propre renouvellement. « La pêche, même à un niveau bas, constitue donc pour eux une menace. » rappelle le Dr. Sonntag. Particulièrement convoités pour leurs ailerons, ces requins sont capturés et leurs ailerons cruellement coupés ; ils sont ensuite rejetés à la mer, morts ou vifs. Les ailerons sont ensuite utilisés pour préparer des soupes. Nombre d’entre eux sont également victimes des prises accessoires de la pêche commerciale.

Les ailerons des requins-marteaux lisses et des grands requins-marteaux s’apparentent grandement à ceux du requin-marteau halicorne. Ils sont pris accidentellement pour cible par les pêcheurs.

Les requins sont absolument indispensables à la santé des océans à long terme. Leur disparition aurait des conséquences imprévisibles pour l’océan, et notamment pour les habitats marins et les zones de pêche.

« Jusqu’à 100 millions de requins, toutes espèces confondues, sont victimes chaque année de la pêche aux ailerons et de la surpêche. Ce nombre dépasse de loin les niveaux biologiquement durables. La décision de la CITES nous permettra de nous appuyer sur la science et les chiffres du commerce pour empêcher que les intérêts commerciaux ne prennent le pas sur la protection de la biodiversité de nos océans », conclut M. Sonntag.

Résultats des votes :

  • Requin longimane : 93 voix favorables, 44 voix défavorables, 4 abstentions
  • Requins-marteaux : 96 voix favorables, 40 voix défavorables, aucune abstention
  • Requin-taupe commun : consensus

Auteur : Matthieu Combe


[1] Cette annexe comprend les espèces qui, bien que n’étant pas nécessairement menacées actuellement d’extinction, pourraient le devenir si le commerce de leurs spécimens n’était pas étroitement contrôlé. Le commerce des espèces inscrites sur cette liste vise à empêcher sa surexploitation.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

 

A lire dans la même catégorie

Environnement