Les menaces les plus importantes pour la survie du flamant nain,  Phoeniconaias minor, sont la perte ou la dégradation de ses habitats en raison des risques de pollution, des extractions de sel et de soude en particulier sur les zones de nidification. La prédation par le marabout, les empoisonnements, les maladies, la collecte d’œufs et d’oiseaux vivants, les dérangements, la prédation et la compétition alimentaire sont également des facteurs qui limitent les effectifs.

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Flamants nains au Parc National d’Arusha. © Brigitte Djajasasmita

Un plan d’action a été rédigé pour le compte de l’AEWA (Accord sur la conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie) avec pour objectif la stabilisation de l’effectif de la distribution des sous populations d’ici 2020. Ceci implique que les sites clés pour la reproduction et pour l’alimentation soient protégés, bénéficient d’une reconnaissance internationale (Ramsar, IBA, voire patrimoine mondial) et soient correctement gérés et protégés afin de maintenir ou de restaurer les conditions hydrologiques et la qualité de l’eau favorables à l’espèce.

Le plan préconise également de prendre les mesures nécessaires pour que les colonies de reproduction ne soient pas dérangées, notamment par les avions volant trop bas et par les activités humaines pratiquées au sol, incluant les ornithologues et les photographes. Pour le moment, l’espèce est classée dans la rubrique « quasi-menacé » de l’UICN.

Quelles sont les populations actuelles ?

Le flamant nain compte quatre populations susceptibles d’entretenir de nombreux échanges entre elles. La population mondiale est estimée entre 865 000 et 2,6 millions de spécimens. En Afrique de l’Ouest la population est estimée entre 15 000 et 25 000 oiseaux. Une tendance à la diminution est suggérée sur l’ensemble de l’Afrique. Le flamant nain est noté régulièrement dans douze pays qui hébergent chacun plus de 1 % de la population reproductrice ou non-reproductrice de la région géographique concernée.

Ce flamant se distingue du flamant rose par sa taille plus petite, mais qui ne peut être appréciée que lorsque les oiseaux sont proches les uns des autres. Il se distingue surtout par sa couleur rose bien plus prononcée que chez son cousin de l’Ancien Monde. L’étendue du noir est également plus importante chez cette espèce que chez le flamant rose.

Raconte-moi la vie d’un flamant nain

Les oiseaux ne se reproduisent pas avant l’âge de 3 à 4 ans. La reproduction suit la saison des pluies qui fournit l’inondation nécessaire à l’isolation des sites de reproduction par rapport aux prédateurs terrestres ainsi que des matériaux meubles utilisés pour la construction du nid. L’incubation dure 28 jours et les jeunes sont volants à l’âge de 70 jours.

En dehors de la saison de reproduction, les flamants nains peuvent être observés dans tous les pays subsahariens en raison de leur caractère vagabond et de leur recherche constante des meilleurs sites d’alimentation. Ces mouvements, qui se déroulent de nuit, peuvent conduire les oiseaux à traverser l’Afrique d’est en ouest. Le flamant nain se nourrit de cyanobactéries microscopiques et de diatomées  trouvées dans les lacs alcalins, les lagunes saumâtres et les estuaires. Il obtient ses proies par filtration grâce à son bec spécialisé et contenant plus de 10 000 lamelles microscopiques.

Auteur : Patrick Triplet, pour le Manuel des aires protégées d’Afrique francophone (extrait)


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