A l’occasion des 20 ans de Forest Stewardship Council (FSC), Kim Carstensen, Directeur Général de FSC International, présente le bilan et les défis à venir de l’ONG. En février 2014, près de 182 millions d’hectares étaient certifiés FSC à travers le monde. Comparé aux 4 milliards d’hectares de forêts mondiales recensés par la FAO, cela ne représente encore que 4,6 %. L’ONG veut donc amplifier la mobilisation des acteurs.

FSC kim carstensen

Kim Carstensen, Directeur Général de FSC International

«Depuis 20 ans le FSC a fait face à de nombreux défis, et a accompli beaucoup de projets. Nous sommes fiers de ce que nous avons accompli au cours des 20 dernières années, cependant ces succès impliquent une responsabilité accrue et génèrent de nombreuses attentes », estime Kim Carstensen, Directeur Général de FSC International.

Ainsi, FSC travaille actuellement sur un nouveau plan stratégique pour la période 2015-2019. Parmi ses nouveaux défis, le principal objectif sera d’augmenter les surfaces et le nombre de certifiés dans les pays tropicaux et émergents, en particulier en Afrique, en Indonésie, en Malaisie et en Chine. FSC souhaite aussi renforcer sa présence dans la région Amazonienne et en Amérique latine. « A l’heure actuelle, 10 % des forêts certifiées FSC sont en forêt tropicales, soit environ 18 millions hectares, nous en sommes fiers, mais nous devons faire bien mieux », insisteKim Carstensen.Rappelons que les forêts tropicales comptent pour 45 % du total des forêts mondiales et représentent donc près de 1,8 milliards d’hectares.

Aujourd’hui, la certification FSC ce sont plus de 182 millions d’hectares de forêts dans 81 pays et presque 28 000 entreprises certifiées de par le monde. Mais FSC souhaite aussi être plus accessible  pour les petits propriétaires: « Nous avons 150 000 petits propriétaires forestiers, mais cela ne suffit pas », estime Kim Carstensen.

Renforcer l’impact sur le terrain et la visibilité de FSC

Plusieurs études montrent l’impact positif de la certification FSC sur le terrain, à la fois en termes d’impacts écologiques positifs et de bénéfices sociaux pour les travailleurs et les populations qui vivent et dépendent des forêts certifiées. Ainsi, « FSC permet de favoriser la protection, la sécurité et la création d’emplois dans les forêts certifiées. Nous créons des meilleures conditions de travail pour les peuples indigènes et nous favorisons le développement de biodiversité et la protection d’habitats extrêmement importants dans le milieu forestier », soutient Kim Carstensen. L’ONG souhaite continuer ce travail avec des chercheurs indépendants pour garantir plus de connaissances sur les impacts de la certification FSC sur le terrain.

Enfin, l’ONG souhaite travailler sur sa communication pour développer sa visibilité. « Nous allons travailler pour pouvoir mettre en valeur l’identité visuelle, faire en sorte que le logo soit reconnu et que les consommateurs comprennent les bénéfices », avance Kim Carstensen. Cela permettra de renforcer la demande de produits labellisés FSC.

La route semble difficile. L’ONG travaille, par exemple, avec l’entreprise Tetra Pak qui fabrique des briques alimentaires. Si seulement 25 % des emballages qu’elle produit sont porteurs du label en France, plus de 90 % de ces emballages utilisent en réalité du carton certifié. Simplement, les entreprises clientes jugent la notoriété du label insuffisante et préfèrent ne pas l’imprimer sur leur packaging. L’objectif de Tetra Pak France est que 50 % des emballages portent le label d’ici 2015.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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