Les crises sociales, environnementales et économiques nous poussent à redéfinir un nouveau modèle de société. Les  4 et 5 juin 2014, à l’Abbaye de Fontevraud (49), des responsables d’entreprises, d’ONG, de la société civile et des hommes politiques se sont réunis pour réfléchir ensemble, lors de la 9e édition de la Global Conference des Ateliers de la Terre. Ils ont cherché à définir un nouveau projet de société, portant en son cœur un développement responsable et durable. Natura Sciences y était !

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Séance plénière d’ouverture de la 9e Global Conference à l’Abbaye de Fontevraud. © Antoine Kowalski

Pour aller vers un développement et un modèle plus durable, nous avons besoin que les secteurs privé, public et que le monde politique soient plus responsables. Nous sentons une certaine effervescence dans ces domaines, mais le système peine à passer du choix aux actions.

Le principal défi des hommes politiques, c’est précisément de construire cette notion de responsabilité. Les citoyens boudent les urnes : les crises économies et politiques successives ont fait perdre toute confiance dans le système. Il faut d’urgence reconstruire cette confiance, car sans elle tout nouveau projet est voué à l’échec.Pour y parvenir, la première chose à faire est « d’équilibrer les budgets publics, c’est-à-dire ne pas dépenser plus que ce qui a  été recueilli systématiquement », rappelle Francesc Homs i Molist, Porte-parole du Gouvernement de Catalogne à l’occasion de la 9e Global Conference.

Global Conference : quelle adaptation pour les entreprises ?

Si les citoyens se détournent de la politique, l’entreprenariat séduit. Au temps du choix, l’entreprise tient une place capitale, car c’est la seule à pouvoir créer de la richesse et des emplois. « Les entreprises contribuent au développement responsable de la société », estime Jean-Paul Bailly, Président d’honneur du Groupe La Poste. Elle contribue en effet au développement économique, au développement des territoires et au développement de ses collaborateurs.

Mais pour assurer un développement responsable et contribuer au changement, il faut miser sur la co-construction qui était par ailleurs la thématique de la 7e édition de la Global Conference. Le dialogue doit être permanent entre tous les acteurs et « l’équilibre des parties prenantes est fondamental », estime Jean-Paul Bailly. La RSE doit désormais être au cœur de la dynamique des entreprises, pour remplacer l’« animal économique » par un « animal équilibré et attentif à l’équilibre de la société », note-t-il.

Les entreprises sont en mutation trop lente. Elles doivent rapidement définir des services contemporains en phase avec leur temps. Car les idées novatrices sont déjà là, notamment à travers le financement collaboratif, l’innovation collaborative, le travail collaboratif, la production collaborative et la consommation collaborative. Pour lancer une nouvelle dynamique, il faut combiner les énergies solitaires, car les résultats peuvent alors être surprenants. La voiture Wikispeed, par exemple, a été développée en 3 mois par 150 membres bénévoles répartis dans 18 pays. Le coût de développement a été dérisoire par rapport aux projets des grands constructeurs automobiles. Pendant ce temps, le secteur automobile souffre de son inaction.

Pour redynamiser l’économie, les entreprises doivent rapidement prendre en compte l’ampleur de la nouvelle révolution qui s’annonce : celle du numérique. Elles doivent faire évoluer leur business models et prendre en compte l’économie de la donnée. Car demain, l’économie pourrait être fondée sur les données personnelles, dans un monde où de plus en plus de services seront gratuites pour les particuliers…

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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