Bien que son aire de distribution soit fragmentée, le grand koudou, Tragelaphus strepsiceros, est encore bien représenté en dehors des aires protégées. Il est même considéré comme un « nuisible », dans certaines régions, à cause des dégâts occasionnés dans les cultures (luzerne, maïs et légumes). 

Grand koudou mâle

Grand koudou mâle. © Pierre Poilecot

Cette espèce est classée à « faible risque dépendant des mesures de conservation (LR/cd) ». Cependant, elle est considérée comme « vulnérable (VU) » dans certains pays comme le Tchad ou le Kenya.

L’aire de distribution de cette antilope s’étend du sud-est du Tchad, à la République centrafricaine, à l’Éthiopie, au Soudan, à l’Afrique de l’Est (de la Tanzanie à l’Érythrée), centrale (Angola, République démocratique du Congo) et à l’Afrique australe (de l’Angola, la Zambie à l’Afrique du Sud). En Afrique francophone, le Tchad constitue les limites septentrionale et occidentale de l’aire de distribution du grand koudou.

Comment vit un grand koudou ?

Le grand koudou est strictement une antilope de savane qui affectionne particulièrement les zones rocheuses ou les collines rocailleuses. Savanes arborées, fourrés denses, formations riveraines à Acacia, sont ses habitats de prédilection, situés généralement non loin de l’eau. Cet ongulé est grégaire, non territorial, sédentaire et vit en troupeaux dépassant rarement 12 animaux. Les groupes sont formés de femelles, de subadultes et de jeunes. Les mâles adultes sont solitaires ou vivent en petits clans et rejoignent les femelles au moment de la reproduction.

La gestation est de 210-225 jours et conduit à la naissance d’un seul petit. Cette antilope est très timide, craintive et a un comportement principalement crépusculaire. Elle est active tôt le matin et en fin d’après-midi, se reposant dans la journée à l’abri de la végétation. Elle peut adopter un comportement nocturne lorsqu’elle se sent menacée.

Le grand koudou est essentiellement un brouteur bien qu’il puisse consommer des graminées, au moment de leur repousse, et d’autres plantes herbacées. Son régime alimentaire est très varié et comprend plus de 140 espèces végétales. Il montre une prédilection pour les feuilles et les jeunes rameaux des ligneux appartenant aux genres Acacia et Combretum. Il mange également des fruits, en particulier les gousses des Acacia, les drupes de Sclerocarya birrea ou les « oranges » de Strychnos spinosa. Les lions, panthères et lycaons sont les principaux prédateurs du grand koudou, en particulier pour les jeunes animaux. En milieu naturel, la longévité du grand koudou est d’environ 14 ans.

Comment reconnaître un grand koudou ?

Le grand koudou est la plus grande antilope après l’Éland de Derby. Il est caractérisé par une robe gris-bleuâtre à gris-brun ou à fauve (fauve-rougeâtre chez les jeunes) ornée sur les flancs depuis l’arrière du garrot jusqu’à la croupe de 5 à 14 bandes verticales blanches. Le poil est relativement long sur tout le corps. Une crinière, bien fournie et brune sur la nuque et le garrot, s’étend jusqu’à la naissance de la queue, en devenant plus courte et blanche sur le dos. Le cou gris, mais plus foncé chez les mâles, est frangé de longs poils marqués d’une ou deux bandes plus sombres, depuis le menton jusqu’au début de la poitrine. La tête, plus foncée, porte un chevron blanc entre les yeux et trois taches blanches sur chaque joue en dessous des yeux. Les oreilles sont grandes, de teinte rose à l’intérieur, larges et frangées de poils blancs. La queue est brune dessus, blanche en dessous avec l’extrémité noire. Les animaux la redressent lorsqu’ils courent de façon à exposer la partie intérieure blanche qui joue un rôle de coordination du groupe tout en indiquant la direction de fuite. La partie inférieure des membres est plus claire que le corps. Les membres sont robustes et les antérieurs portent une tache noire à l’arrière de l’avant bras.

Seul le mâle porte des cornes (les femelles en portent parfois de très courtes), longues, spiralées, pouvant atteindre 180 cm et marquées d’une crête depuis leur naissance, à la base du crâne, jusqu’au sommet. La femelle est plus petite, avec une robe généralement plus claire. Le grand koudou a une vue, une ouïe et un odorat très développés. Comme le Guib harnaché, il émet un aboiement très sonore lorsqu’il est inquiété. Au moment du rut, les mâles grognent lourdement lorsqu’ils se battent et gémissent en se poursuivant. Les crottes sont globuleuses, en forme de balle de fusil, brunes, de 15-20 mm de long avec une petite pointe à leur extrémité la plus effilée, semblables à celles d’une jeune girafe.

Auteur : Pierre Poilecot, pour le Manuel des aires protégées d’Afrique francophone (extrait)


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