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Un requin pêché sur le thonier Dolomieu, prise accessoire due au DCP… © Greenpeace

Greenpeace veut mettre fin aux pratiques de pêche les plus industrielles. Depuis Septembre, l’ONG environnementale a dans le collimateur la marque Petit Navire et ses Dispositifs Concentrateurs de Poissons (DCP) dans le cadre de la campagne « Que cache votre boîte de thon?« . Ce combat monte d’un cran aujourd’hui avec la mise en ligne d’images transmises par l’entourage de pêcheurs choqués par ces pratiques.

Les images fournies à Greenpeeace ont été filmées entre 2008 et 2013 lors des campagnes de pêche à bord de navires espagnols et français, qui approvisionnent les grandes marques européennes de thon en boîte. Elles montrent que les prises accessoires souvent dénoncées sont réelles. Requins, raies, tortues, divers poissons… ces animaux périssent le bateau avant d’être rejetés en mer.

Prises accessoires dues à l’usage des DCP et boîtes de thon

Selon Greenpeace, au niveau mondial, la pêche thonière tropicale sur DCP  génère 2 à 4 fois plus de prises accessoires que la même pêche sans DCP. Cela représente autour de 7% de ce qui pêché dans les sennes, soit 100 000 tonnes par an.« Nous avons calculé que le volume des prises accessoires générées par l’approvisionnement de Petit navire, marque leader sur le marché français, avoisine les 2000 tonnes par an. » souligne Hélène Bourges, chargée de campagne océans à Greenpeace.

Certains armements, comme les français, sont dans une démarche de progrès : ils limitent le nombre de DCP actifs à 150 par bateaux et pratiquent également la pêche sans DCP, dite sur bancs libres. En revanche, d’autres armateurs notamment espagnols, ne limitent pas l’usage de leurs DCP, et peuvent en déployer jusqu’à plusieurs centaines par navire. Il n’y a pas de règlementation pour en limiter l’usage.

Greenpeace estime donc que l’aval de la filière, les marques de thon en boîte, ont un rôle crucial à jouer, en prenant l’engagement de ne s’approvisionner qu’en thon pêché sans DCP. C’est déjà le cas des marques sœurs de Petit Navire, en Italie et au Royaume Uni par exemple, mais pas en France. L’ONG exhorte donc Petit Navire, marque leader du marché à renoncer aux DCP. Déjà 35 000 personnes ont envoyé un mail à la marque pour lui demander d’arrêter cette pratique de pêche destructrice.

Auteur : Raphaël Petit, journaliste du webzine Natura-sciences.com

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