La grue couronnée, Balearica pavonina, atteint 1 m de longueur, 2,3 m d’envergue pour 7 kg, une belle bête ! Son aire de distribution s’étend du sud du Sahara jusqu’à l’Afrique tropicale, dans les zones arides. Sur le continent, la population  est de 42 000 oiseaux. Ses effectifs sont soit stables, soit en diminution en raison de multiples menaces.

grue couronnée noire

Une grue couronnée noire. © Jonathan Zander

On commence à avoir l’habitude de retrouver le rôle de l’Homme pour expliquer les menaces qui pèsent sur l’animal. On dénombre ainsi la disparition de ses habitats, la sécheresse  l’assèchement ou le drainage des zones humides, la coupe des arbres servant de reposoir, le braconnage pour la viande et la médecine traditionnelle et le ramassage des œufs. On retrouve également des dérangements, le rôle de la pollution, mais aussi la prédation dans les aires protégées qui ne prennent pas de mesures pour éviter un impact trop important des prédateurs.

La construction de barrages dans différents États d’Afrique a également provoqué la disparition d’habitats majeurs pour l’espèce. Enfin, la capture pour le maintien en captivité d’oiseaux est également fortement mise en cause comme facteur de diminution des effectifs dans différents États.

Comment résister à autant de menaces ?

Le statut UICN de l’espèce est « quasi menacé ». Dans les aires protégées, des mesures de conservation sont prises après examen de la situation. Cela peut prendre la forme d’une gestion appropriée de la végétation, permettant le maintien de zones humides de faible profondeur non obstruées, d’un contrôle des prédateurs (notamment des chacals et des phacochères) s’il s’avère que ceux-ci constituent un risque de mortalité pour les œufs et les poussins.

Un partenariat avec les villages périphériques peut également être recherché, avec la mise en place de zones tampons entre l’aire protégée et les zones d’activités agricoles. Il peut aussi être recherché la mise en place de mesures de protection en dehors des aires protégées si celles-ci peuvent avoir un impact positif sur des effectifs particuliers.

Une grue couronnée noire, ça vit comment ?

La grue couronnée noire se nourrit dans les zones humides de différentes espèces végétales mais également de grenouilles, d’insectes, voire de petits mammifères. Elle peut être observée dans les rizières, à la recherche de ses proies favorites ou de grains de riz tombés au sol après la récolte.

La grue couronnée noire, en dehors de la période de reproduction, vit en colonies bruyantes qui peuvent atteindre une centaine d’individus. Les couples, monogames, sont unis pour la vie, construisent leur nid, constitué généralement de roseaux, dans les buissons ou les broussailles, voire à même le sol. La femelle pond de 2 à 3 oeufs blancs qui sont couvés 28 à 31 jours par les deux parents. Les jeunes ne savent voler qu’entre 60 et 100 jours et restent ensuite encore quelques mois avec leurs parents.

Une petite description physique ?

Le bec, le cou et les pattes sont gris. Le dos est noir et les parties inférieures sont blanches. La tête est surmontée d’une crête de plumes plus ou moins dorées. Le front est noir, les yeux sont bleus, le haut de la partie arrière de la tête est rouge tandis qu’une zone blanchâtre s’étend à l’arrière de l’oeil. Cette zone a la particularité d’être plus ou moins rosée. Elle présente des caroncules pendantes rouges. Le mâle et la femelle sont semblables.

Auteur : Patrick Triplet, pour le Manuel des aires protégées d’Afrique francophone (extrait)

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