Marin de 58 ans et professeur de judo installé à Biarritz, Jacques Riguidel prendra le large le 28 octobre à Lorient. Pour son deuxième tour du monde en solitaire, Jacques Riguidel relève trois défis : construire son propre bateau, affronter les vents contraires et ne recourir à aucune énergie fossile.

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Jacques Riguidel à la barre du Solaire 34. © Emmanuel Van Deth

Pendant près de deux ans, Jacques Riguidel a construit son voilier, le Solaire 34, spécialement pour cette nouvelle traversée. Le nom « Solaire », c’est pour l’énergie solaire qui sera la seule source d’énergie utilisée à bord. Pas de gaz ou de pétrole, simplement quatre panneaux solaires, dont un orientable, reliés à une batterie à électrolyte gélifiée. Ils alimenteront les éclairages à LED, les instruments électroniques nécessaires au positionnement et à la communication, ainsi que le dessalinisateur pour produire l’eau à bord. « 34 » renvoie à la taille du bateau qui ne mesure que 34 pieds, soit 10,4 mètres.

Le voilier de Jacques Riguidel est constitué de bois, de fibre de verre et de résine époxy pour étanchéifier le bois. Il est étudié pour résister aux contraintes d’un tour du monde à l’envers, malgré sa petite taille, et pour utiliser l’énergie de façon optimale. « La construction du solaire 34, c’est au moins 18 mois d’un travail acharné pendant lequel la motivation unique et terrible à la fois est celle de partir à la bonne saison sur un voilier prêt à affronter la rudesse des quarantièmes rugissants. C’est une course contre la montre qui sert de prologue au tour du monde à l’envers », affirme Jacques Riguidel.

Un tour du monde à l’envers !

Après son tour du monde en solitaire sur le Fréquence Jazz en 2007-2008, Jacques Riguidel repart en mer. Pour son premier tour du monde, il avait suivi les vents, mais cette fois-ci, il naviguera contre. La descente de l’Europe jusqu’au Cap Horn devrait prendre environ deux mois. Puis la remontée des quarantièmes rugissants, du Cap Horn au Cap de Bonne Espérance devrait durer environ quatre mois et demi. Cette deuxième phase, déjà ardue d’Ouest en Est, devient extrême lors d’un tour du monde à l’envers : le navigateur rencontre inéluctablement des tempêtes au niveau du Cap Horn et les quarantièmes rugissants voient se succéder constamment les dépressions. Sans compter le Cap de Bonne Espérance au surnom éloquent de « cap des tempêtes ». Enfin, la remontée de l’Atlantique du Cap de Bonne Espérance jusqu’au port d’arrivée à Lorient se fera en environ huit semaines. « Un bateau, pour affronter les vents contraires, doit être vraiment préparé. Et le navigateur aussi : un monocoque qui remonte contre le vent n’est pas à plat, il est gîté de 25 ou 30°. On avance beaucoup moins vite, on navigue plus longtemps, on reçoit bien plus de chocs », prévient Jacques Riguidel.

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Parcours du Tour du monde à l’envers, d’est en ouest © Jacques Riguidel

Seuls 6 navigateurs ont réussi un Tour du Monde à l’envers jusqu’à aujourd’hui. Le record actuel est détenu par Jean-Luc Van Den Heede à bord du voilier Adrien, long de 26 mètres. Il a réussi cet exploit en seulement 122 jours ! Le plus petit bateau ayant réussi le tour du monde à l’envers mesurait 14 mètres et était mené par Stéphane Narvaze en 2012. Le périple avait duré 246 jours. Jacques Riguidel s’est fixé comme objectif de parcourir 55 000 kms en moins de 246 jours, soit près de 8 mois. Il devrait donc revenir à Lorient en mai-juin 2015.

Jacques Riguidel : en solitaire et sans escale

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Vue du Solaire 34 en mer © Emmanuel Van Deth

« Pour un tour du monde sans escale et donc sans ravitaillement, on ne peut rien oublier », prévient le navigateur. 400 kg de nourriture sont répartis dans des sacs numérotés, qui peuvent être stockés et changés de place dans le bateau pour équilibrer le poids tout au long de la traversée. Cette nourriture est à base de produits lyophilisés (pratiques car légers et faciles à ranger) et de conserves. L’eau est produite en mer et cent litres d’eau suffisent à constituer la réserve embarquée.

Le sponsor principal de Jacques Riguidel est Energie-Terre, une société spécialisée dans les compléments alimentaires naturels.

Le départ est prévu à 11 heures ! Suivez l’aventure de Jacques Riguidel en temps réel ici

Album Flickr de Jacques Riguidel

Auteur : Hugo Lebout, journaliste du webzine Natura-sciences.com

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