La VIIe Global Conference organisée par les Ateliers de la Terre a rassemblé durant trois jours, personnalités politiques internationales, représentants gouvernementaux, grands patrons de multinationales, de PME et de TPE et d’ONG, des experts scientifiques, leaders d’opinions et médias pour partager leur expérience et vision des enjeux du développement durable. Durant trois jours, la co-construction était à l’honneur. Mais qu’est-ce que cette co-construction ?

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Bettina Laville explique la co-construction à la Global Conference ©Semmy Demmou

Réunissez dans la même salle, le directeur général de Clarins, le directeur du WWF, le fondateur d’Alter Eco, des ministres du Ghana et du Congo, des experts scientifiques du GIEC, de laboratoires indiens et africains ainsi que des médias, vous avez un beau mélange qui n’aurait que peu de chance de se rencontrer dans d’autres circonstances qu’à la Global Conference d’Evian. C’est cela la co-construction !

Et pourtant, la question y était bien de faire émerger une approche de co-construction visant à faire travailler ensemble les partis privés, les acteurs publics et les environnementalistes pour parvenir à des solutions efficaces et partagées. « Concertation », « collaboration », « intelligence collective », doivent se retrouver au centre d’une action nécessaire.

« Quand j’ai vu que des grandes entreprises qui participaient à cette thématique étaient Total, EDF, Suez, Veolia, Orange, etc. j’ai failli me dire « courage fuyons ! ». Non, au contraire, la co-construction c’est de discuter, d’être toujours dans des logique d’échanges, même si on n’est pas toujours sur des positions similaires car la réponse viendra de nous tous », a reconnu Leila Aichi,  Sénatrice de Paris, membre d’Europe Ecologie-Les Verts.

La co-construction pour une nouvelle société…

Nous avons besoin de co-construction dans tous les domaines du développement durable. Comme l’explique Bettina Laville, Présidente du Comité d’Orientation des Ateliers de la Terre, « On n’a pas de gouvernance de l’eau sans co-construction de l’utilisation de l’eau entre les usagers et le secteur de l’eau », « on n’a pas de gouvernance de la biodiversité sans co-construction entre les scientifiques, entre les politiques, entre les autorités locales et les entre les paysans», « on n’a pas de co-construction de la gouvernance du climat sans une co-construction commune entre les différents échelons locaux et mondiaux, entre les mesures d’économies de gaz à effet de serre à prendre et les ensemble de mécanismes du marché ou les taxes pour les retenir ».

La co-construction a malheureusement été rompue avec les pays émergents dans les processus de décision sur le climat. Il va falloir rapidement la relancer. Pour cela, les participants étaient d’accord pour dire qu’il faut des règles et une méthode, qu’il faut décliner pays par pays des responsabilités envers les autres et la biosphère. Il faut également du temps et une bonne communication.

Pour Madame Laville, les pays émergents « ne partagent pas avec nous la responsabilité sur le passé, mais ils la partagent totalement sur le futur ». Leur population est plus vulnérable au réchauffement climatique et plus vulnérables en nombre car ils sont beaucoup plus nombreux. C’est donc complètement dans leur intérêt de participer à cette co-construction de lutte contre le réchauffement climatique. En attendant, les dérèglements continuent et on se donne rendez-vous à Doha (Qatar) en novembre pour essayer d’aboutir à un accord mondial sur le climat en 2015.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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